Le mouvement « Bloquons Tout » veut s’inscrire dans le temps long. Alors que se prépare la grande journée d’action intersyndicale du jeudi 18 septembre, qui devrait rassembler syndicats et collectifs autour d’un mot d’ordre commun contre l’austérité, des actions locales se multiplient un peu partout en France et dans notre région, dès demain, mercredi 17 septembre.
À Rennes, après la manifestation du 10 septembre qui avait réuni plus de 10 000 personnes dans le centre-ville, la mobilisation a repris le samedi suivant. Une centaine de militants se sont installés aux abords de plusieurs zones commerciales pour ralentir la circulation. Certains ont choisi des formes d’action symboliques et décalées, comme des baisers échangés au milieu d’un passage piéton ou encore des tours de ronds-points à vélo.
Depuis, les appels se succèdent sur les réseaux sociaux. Ce mercredi 17 septembre, des rassemblements sont prévus dès six heures du matin aux stations de métro Villejean et Cleunay, avec l’objectif affiché de perturber la rocade rennaise et naturellement le Space (salon agricole). À Guichen, une manifestation est également annoncée à 11 h devant la mairie, un appel relayé sur Instagram.
On nous annonce des manifestations, à Saint Malo, Fougères, Redon et Vitré, précise Fabrice Lerestif (FO).
En parallèle, un campement permanent a vu le jour à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine) depuis le 10 septembre. Installé près du centre commercial Univer, ce « village des indignés » s’organise autour d’assemblées générales quotidiennes, de repas partagés et de moments de discussions populaires. Les participants affirment vouloir rester dans un cadre légal et non-violent. Lundi soir, selon notre confrère Ouest-France, une dizaine de personnes s’y retrouvaient encore pour échanger après leur journée de travail.
Le 18 septembre, le campement de Châteaugiron ne rejoindra pas les cortèges rennais. Ses occupants prévoient plutôt un « convoi des indignés », une boucle en vélo et autres moyens de locomotion qui partira et reviendra au campement entre 10 h et 16 h 30. L’objectif est de rendre visible la mobilisation en milieu rural et périurbain, tout en affirmant une volonté d’autonomie par rapport aux grandes structures syndicales.
On s’attend à une forte mobilisation dès demain », source policière.
Cette montée en puissance du mouvement est suivie de près par les autorités. Les services de renseignement évoquent une « menace hybride », entre actions coups de poing et participation aux cortèges plus traditionnels. Le ministère de l’Intérieur anticipe une mobilisation nettement plus forte que celle du 10 septembre, avec plus de 400 000 participants attendus dans tout le pays, dont 100 000 dans le Grand Ouest. À Paris, les estimations oscillent entre 30 000 et 60 000 personnes.
Pour encadrer ces mobilisations, près de 80 000 policiers et gendarmes seront déployés, accompagnés de blindés et de canons à eau. Sur le terrain, les points d’attention porteront en particulier sur Rennes, Nantes, Toulouse, Dijon, Lyon, Montpellier, Bordeaux et la capitale, où la présence de plusieurs centaines d’éléments radicaux est redoutée.
Les conséquences se feront aussi sentir dans les transports. En Bretagne, trois TER BreizhGo sur cinq circuleront, et la moitié seulement des Intercités le 18 septembre. Les TGV INOUI connaîtront des perturbations limitées, tandis que les OUIGO devraient maintenir un service normal. Les Rennais et les Rennaises peuvent consulter en détail les prévisions sur la carte interactive des blocages et actions, régulièrement mise à jour. Le rendez-vous du 18 septembre s’annonce ainsi comme un véritable test pour le mouvement « Bloquons Tout », qui veut dépasser l’instant et imposer sa présence dans la durée.



