La préfecture annonce une série de mesures pour limiter l’accès des mineurs aux armes blanches, après le rapport « mineurs et armes blanches » remis au Premier ministre. L’objectif est clair. « Nous devons réduire les risques de violences en restreignant l’accès à des armes particulièrement dangereuses », explique l’administration. « Nous devons encadrer davantage le commerce et responsabiliser vendeurs et acheteurs ».
Le premier volet de la réforme modifie le classement de plusieurs armes, désormais considérées comme interdites. Cela concerne notamment les couteaux et machettes dits zombie. « Leur acquisition et leur détention par des particuliers ne seront plus possibles », souligne la préfecture. Leurs détenteurs ont jusqu’au 7 décembre pour les remettre à la police ou à la gendarmerie. Les coups de poing américains postérieurs à 1900, ou associés à d’autres armes, entrent eux aussi dans cette catégorie. « La vente à des particuliers est désormais proscrite », insiste-t-elle.
Les professionnels non armuriers sont également concernés. Les commerces qui proposent des armes désormais classées A1 (armes strictement interdites à l’acquisition et à la détention par les particuliers) auront l’obligation de s’en séparer avant le 6 décembre. « Seules les personnes morales autorisées pourront encore en fabriquer ou en vendre », rappelle la préfecture. Pour les autres, la consigne est claire : remettre le stock à un professionnel habilité ou aux forces de l’ordre.
Un arrêté du 4 juillet étend ensuite la liste des armes blanches soumises à autorisation d’ouverture de commerce, comme les couteaux papillon, les automatiques ou les étoiles de ninja. « Les commerçants qui souhaitent poursuivre cette activité devront déposer une demande avant le 7 mars 2026 », précise la préfecture. « Les armes devront être exposées dans des vitrines sécurisées et le magasin équipé d’un système d’alarme ou de télésurveillance », détaille-t-elle.
Pour rappel, le port ou le transport d’une arme blanche sans motif légitime reste interdit. Les sanctions peuvent aller jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende. À partir du 7 décembre, les peines seront renforcées pour les armes classées A1. « La détention non autorisée pourra entraîner cinq ans de prison, et jusqu’à sept ans pour la fabrication ou le commerce illégal », indique la préfecture, qui conclut en appelant à « une vigilance accrue pour protéger les mineurs ». L’information du public devient elle aussi obligatoire. Tous les commerces vendant des armes blanches devront afficher l’interdiction de vente aux mineurs. « Ce panneau devra être visible au plus tard le 7 mars 2026 », prévient l’administration. Photo : Gendarmerie.


