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FACE À L’INSÉCURITÉ GRANDISSANTE, LA POLICE MUNICIPALE DEMANDE À ÊTRE ARMÉE DEPUIS 2016

La ville de Rennes connaît une recrudescence de fusillades et de règlements de comptes. Chaque semaine, un nouveau drame fait la une des journaux. En première ligne, les policiers municipaux se sont mis en grève le 8 octobre dernier devant l’hôtel de Rennes Métropole, avec plus de 50 % de leurs effectifs présents. « Cette mobilisation est un fait rare qui  mérite d’être signalé», souligne Jérôme Jourdan, le représentant incontournable de Force ouvrière.

« Quotidiennement, on nous demande de cibler les points de deal, toujours dans le cadre légal. Chaque matin, nous recevons des consignes précises sur les lieux où nous devons agir. Mais sans arme, ces opérations peuvent être dangereuses», confie un policier municipal.

Sous les banderoles, les manifestants ont haussé le ton et le… son de leur sonorisation pour réclamer une augmentation de salaire. « Nous exigeons une revalorisation de 150 euros bruts par mois, conformément au décret du 26 juin 2024 », précise le syndicaliste. « D’autres agents de la ville ont obtenu gain de cause. Pourquoi pas nous ? » Mais au-delà des revendications salariales, la demande de la police municipale porte surtout sur l’armement. « Chaque agent devrait être équipé d’une arme de poing », déclare Jérôme Jourdan. « Nous en sommes à quatre fusillades en une semaine. Ces situations deviennent incontrôlables. Nos collègues doivent être capables de se défendre s’ils se retrouvent face à des tireurs. Tôt ou tard, un drame va arriver ! »

La municipalité fait preuve de déni face à cette situation préoccupante », convient Jérôme Jourdan.

Depuis 2016, la demande d’armement est réitérée chaque année, sans succès. « On nous oppose systématiquement une fin de non-recevoir », déplore Jérôme Jourdan. Résultat, leur direction leur ordonne de ne pas intervenir dans les affaires dites sensibles. « Lors de la fusillade du 4 octobre, place Banat, la police nationale nous a sollicités pour recueillir le témoignage d’un riverain », explique un gréviste. « Mais on nous a défendus de nous rendre sur place, car nous n’étions pas en mesure de riposter. C’est là que le problème se pose. » Même son de cloche chez Jérôme Jourdan. « Lorsqu’il y a des tirs, notre poste de commandement nous interdit d’intervenir. Cela nous rassure de ne pas être envoyés au casse-pipe, mais la frustration est immense. On laisse ainsi des quartiers aux mains des criminels. »

 « Tout est une question de doctrine de nos élus », ajoute Jérôme Jourdan.

Pour appuyer leurs revendications, Stéphanie, l’une des grévistes, présente les chiffres alarmants de la délinquance relevée par la police municipale. Depuis 2019, les infractions liées à la législation des stupéfiants ont augmenté de 1014 %. La hausse est plus modérée pour les contraventions, l’ivresse publique, les violences et les outrages envers les employés, mais elle dépasse tout de même les 300 %. Résultat direct : des policiers quittent Rennes. « Aujourd’hui, sur les 115 agents prévus par la mairie, nous ne sommes plus que 103. Dans les semaines à venir, huit autres déserteront la ville, créant un déficit de 20 municipaux. Beaucoup préfèrent actuellement rejoindre des communes offrant de meilleures conditions salariales et un armement adapté à leur fonction. Nous risquons un véritable exode ! » Cette situation a des conséquences concrètes sur le terrain. « Seuls 63 agents patrouillent entre 7 h et 2 h 30 les week-ends. Ils sont répartis en quatre équipes, ce qui représente une moyenne de 35 personnels par jour pour une commune de 220 000 habitants. C’est clairement insuffisant », déplore la gréviste.

 

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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