À 5 h 30, la plupart des Rennaises et des Rennais dorment encore. Ou du moins essaient de dormir dans des chambres parfois transformées en étuve. Derrière les volets fermés, la ville sommeille tant bien que mal sous la chaleur caniculaire. Dehors, les rues sont silencieuses et seuls quelques étourneaux osent troubler la quiétude de l’aube.
Pourtant, rue Paul-Bert, dans le centre-ville, certains ont déjà largement commencé leur journée sur le parking de la résidence de Daniel. Derrière les grillages d’un chantier, plusieurs ouvriers s’affairent autour d’un nouvel enrobé. Les gestes sont précis, méticuleux alors que le soleil peine encore à s’imposer. « C’est courageux », se dit le Rennais, les yeux à peine ouverts en ouvrant sa fenetre.
Mais pour ces professionnels du bâtiment, impossible d’attendre le milieu de matinée. Il faut travailler tôt lorsque l’air est encore supportable et que le bitume n’est pas transformé en plaque chauffante. La veille, les équipes avaient plié bagage vers 14 heures, alors que le thermomètre flirtait déjà avec les 40 degrés. « Heureusement qu’ils avaient terminé », ajoute Daniel.
Après le record absolu de 40,6 °C enregistré lundi, la capitale bretonne continue de vivre au rythme d’une canicule exceptionnelle. Mais la journée qui s’annonce pourrait être encore plus éprouvante. Météo-France prévoit jusqu’à 41 degrés dans l’agglomération rennaise. À l’heure où l’on entend parfois que la France ne se lève plus tôt, ces ouvriers apportent, dès l’aube, un démenti aussi discret qu’efficace. Par les températures annoncées encore aujourd’hui, cela mérite plus qu’un simple coup de chapeau.


