Il aurait mis son clignotant, peut-être serait-il passé sous la vigilance des gendarmes de Vern. « Et trois contrôles sur quatre sont pourtant réalisés à cause d’une erreur de conduite », rappelle le Président du tribunal.
Mardi soir, la patrouille arrête une Peugeot 207, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche. À son bord, un homme de 45 ans originaire de La Rochelle. Il semble nerveux : il sue, il tremble. Un test salivaire révélera une consommation de cocaïne le jour-même.
Les gendarmes éclairent les sièges arrière du véhicule : de la résine et des fleurs de cannabis en quantité importante sont posées là.
« J’ai agi sous la contrainte »
La défense du prévenu est constante. Au tribunal correctionnel de Rennes, il est droit dans ses bottes. « À ma sortie de prison, quelqu’un m’a contacté sur une messagerie pour m’obliger à faire des livraisons de drogue. On a menacé de s’en prendre à mes enfants. » Si les faits sont avérés, l’histoire est digne d’une série Netflix. « J’aurais pu aller voir la police et dénoncer les faits. J’ai eu peur des représailles », se justifie-t-il à la barre. Depuis son audition, sa version n’a pas bougé. Contacté par un inconnu sur Snapchat, on lui aurait indiqué où récupérer des voitures chargées de drogue, et à qui livrer les produits. Trois jours de livraisons s’étaient déjà écoulés au moment de l’interpellation.
Le tribunal n’y croit pas une seconde
« On voit ce genre de situations dans des films de mafieux, ou dans des cités sensibles. Entre Rennes et Noyal, ça me paraît peu probable », s’étonne le procureur. « Je crois plutôt que vous avez cédé aux sirènes de l’argent facile et que vous saviez ce que vous faisiez », lance-t-il au prévenu avant de requérir 9 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
« Tout serait plus simple si vous nous disiez la vérité. Plus je vous écoute, plus j’ai l’impression que vous vous moquez de nous », ajoute le président du tribunal, peu crédule. « Nous n’avons retrouvé sur votre téléphone aucune trace de menace. Il est regrettable que vous n’ayez pas pensé à faire des copies d’écran, ne serait-ce pour vous défendre en cas d’arrestation. Néanmoins nous avons bien des échanges de messages et des données GPS concernant des indications de livraison », souligne-t-il.
Le tribunal a décidé de reconnaitre le prévenu coupable de l’intégralité des faits et l’a condamné à 6 mois de prison ferme, avec maintien en détention.


