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1er MAI : VILLE MORTE

Ecrit par Dragan Brkic

En ce jour du 1ermai, une question s’est posée à tous les Rennais qui voulaient profiter de ce jour de repos pour se détendre, se balader et flâner… Comme Sarah, sur la page facebook de Rennes est magique, qui demandait aux abonnés “ce qu’elle pouvait faire un 1er mai à Rennes et alentours pour amuser sa fille de 8 ans ?” 

Bien sûr, il y avait de quoi s’occuper pour les férus de revendication sociale ou politique, mais tout le monde en convient : les sacro-saintes manifestations du 1ermai n’attirent plus beaucoup de monde. Même l’effet gilets jaunes et une hypothétique convergence des luttes n’ont pas réussi à rassembler la foule. Il y a eu entre 1000 et 2000 manifestants en cette fête du travail.

Pour tous les autres, ce matin, c’était ville morte, où presque. Les quatre piscines étaient fermées, la collecte des déchets était repoussée, les marchés n’ont pas eu lieu, les services administratifs étaient fermés et, pis encore, le réseau bus et métro ne circulait pas.  Jean-Pierre ne s’attendait pas à voir ces lieux habituels fermés. “Je suis venu rue Vasselot, il y avait un seul bar d’ouvert, le café Joyeux. J’ai cherché et me suis retrouvé rue de Redon.”

De part et d’autre de la cité, on pouvait apercevoir des gens en recherche de boulangerie, d’un bureau de tabac ou d’un PMU pour boire simplement un café et jouer au tiercé ou au paris sportifs. Beaucoup se sont déplacés à pied, en raison de l’absence de bus et de métro. Ce qui a interpellé Christophe entraperçu dans un PMU. “Moi ça ne me dérange pas, mais je trouve ça bizarre qu’il n’y ait pas de métro et de bus. C’est une mission de service public, et la mission ne s’arrête pas comme ça un jour férié. Je pense surtout aux personnes âgées et qui ont des difficultés à se déplacer.  Et aux jeunes aussi qui ne peuvent pas aller nager dans les piscines qui sont fermées.”.

Dans le PMU, les clients n’ont pas été manifester. Certains s’interrogent néanmoins sur le sens à donner à cette fête du travail. “Gueuler juste pour gueuler, ça ne sert à rien. J’aimerais plus une ville animée avec des commerces ouverts, et des manifs d’un autre genre pour repenser le travail, pour faire découvrir le travail des autres…”, déclare Constant, un retraité. Heureusement pour notre ville, certains commerçants de la rue de Saint-Malo ont eu l’idée lumineuse à la fin des années 80 de créer la fête de la paresse. Là-bas, c’était le paradis du sourire, de la joie de vivre et de la bienséance. En fin de soirée, les amateurs de foot ont même eu la chance de voir le match Rennes/Monaco. Le retour des Rennais vainqueurs de la coupe de France a fait oublier la vacuité de ce jour sans véritable saveur… Un jour pour presque rien…

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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