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lundi 1 juin 2026
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« Je suis devant votre magasin » : le coup de fil de Cyrille Morel en pleine nuit à Laurence Taillandier

Présidente du Carré Rennais et commerçante rue Nationale, l’opticienne rennaise Laurence Taillandier a appris, alors qu’elle était en vacances, le pillage de son magasin dans la nuit des violences, en marge de la victoire du PSG (voir notre article). Entre sidération, colère, reconnaissance envers les services publics et inquiétude pour le centre-ville, elle livre à Rennes Infos Autrement un témoignage sans détour.

Rennes Infos Autrement : Vous apprenez les faits depuis vos vacances…

Laurence Taillandier : J’étais dans un musée avec mon fils et ma petite-fille quand le locataire du dessus m’a téléphoné pour me dire : « Votre magasin est pillé, ils ont cassé la porte, il y a 200 à 300 jeunes devant. » Puis on m’a expliqué que les CRS ont envoyé des gaz lacrymogènes dans le magasin pour faire sortir ceux qui étaient entrés. Quand on est à des milliers de kilomètres, hors contexte, cela fait un drôle d’effet. On passe brutalement d’un moment familial à une situation de crise.

Quelle a été votre première préoccupation ?

Très honnêtement, ma priorité a été de trouver une solution pour sécuriser le magasin. C’était l’urgence. Et c’est là où l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Cyrille Morel, a été extrêmement présent. Il m’a appelée rapidement pour me dire : « Je suis devant votre magasin. » Il m’a expliqué que les CRS étaient encore sur place et qu’une présence de police municipale serait maintenue pour sécuriser les lieux.

Au milieu des violences, il n’avait pas le temps matériel de faire fermer les commerces. Que s’est-il passé ensuite ?

À un moment donné, Cyrille Morel m’a dit tout de go: « Tant que les échauffourées ne sont pas terminées, on ne peut pas intervenir partout. » Mais il a trouvé une solution concrète : les menuisiers de la Ville sont venus sécuriser le commerce. Je peux parfois être critique envers la municipalité, mais là, j’ai ressenti un vrai soutien.

Mais encore…

Dans un contexte exceptionnel, ils ont fait le maximum. Quand on est victime, on voudrait évidemment que tout soit réglé immédiatement, mais j’ai senti une vraie mobilisation. Les adjoints m’ont beaucoup écrit et appelée malgré le décalage horaire : Marc Hervé, Sébastien Semeril, Lénaïc Briéro et, bien sûr, Cyrille Morel. J’ai reçu des messages forts. On sent qu’il n’y a aucune volonté de banaliser ce qui s’est passé. J’ai même été surprise par la fermeté de certains propos. On sent une lassitude face à ces violences et une volonté de ne plus les accepter.

Pendant la nuit, Cyrille Morel a déclaré : « On a vu pire »…

Je comprends qu’elle puisse heurter sortie de son contexte. Mais, honnêtement, moi, je regarde les actes. Ce que j’ai vu, c’est quelqu’un qui est resté devant mon magasin alors que je n’étais pas là, qui m’a rappelée plusieurs fois et qui a trouvé des solutions. Quand je l’ai remercié pour l’intervention des menuisiers de la Ville, il m’a répondu : « C’est le service public. »

Tout comme le préfet…

Je sens aussi une volonté forte du côté du préfet. Il m’a adressé des messages très précis. D’ailleurs, une réunion sur la sécurité de la braderie est prévue demain avec lui et Lénaïc Briéro. Le hasard du calendrier fait que cette question va forcément être au cœur des discussions. En tout cas, je ressens chez tous les interlocuteurs une envie d’agir et de ne pas laisser ces violences s’installer.

Est-ce la goutte de trop ?

Oui, je crois qu’on arrive à une forme d’épuisement. Les commerçants font déjà face à un contexte économique compliqué : hausse des coûts, inflation, pouvoir d’achat contraint. Et viennent s’ajouter ces violences urbaines. À un moment, il y a un ras-le-bol. Mais je ressens aussi, chez les commerçants comme chez certains élus, une volonté commune de dire : cela suffit.

Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui aux Rennais ?

Il ne faut pas perdre le cap. Il y a l’émotion, évidemment, et un sentiment d’injustice. Mais il faut continuer à faire vivre le centre-ville. Je veux dire aux habitants : venez nous soutenir, revenez en ville, encouragez les commerçants. Il ne faut pas céder à la peur. En pleine journée, Rennes reste Rennes. Il ne faut pas laisser ces violences nous voler notre ville.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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