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lundi 1 juin 2026
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Dans les coulisses du foyer de Saint Benoît Labre

En 2025, l’ancien journaliste, Michel Urvoy, a publié Vies brisées, Espoirs retrouvés aux éditions Ouest France. Cet ouvrage rassemblait 25 témoignages de résidents de Saint Benoît Labre complétés par des retours d’expérience de bénévoles et salariés. Rien de tel pour comprendre cette demeure sociale qui fête cette année son 90ème anniversaire au service de l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion des personnes en difficulté. 

« Les projets Rado sont des maisons accueillant les personnes telles qu’elles sont, y compris sans projet et dans leurs addictions, pour leur offrir une pause sécurisante  dans une vie communautaire. »

Un public varié avec des besoins spécifiques

Chaque soir, ce sont environ 650 personnes qui sont accueillies dans les différents locaux de l’association, répondant à “l’obligation légale » d’hébergement. « Notre association propose à nos pensionnaires un accompagnement global : budgétaire, administratif, professionnel pour favoriser une réinsertion globale : culturelle, sportive, civile,… « 

L’action de Saint Benoît Labre se décline en quatre pôles afin de répondre aux besoins particuliers d’un public très varié. Le pôle « urgence » concerne les personnes, ayant joint le Service intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO) par le 115. Il leur offre une mise à l’abri temporaire et orientation vers les services adaptés. Le pôle « insertion » vise quant à lui la stabilisation des situations personnelles, en assurant hébergement et accompagnement à un public varié.

Le pôle « santé » s’est développé face à la nécessité de garantir prévention, protection et réinsertion des personnes accueillies dans un suivi médical adapté. Tandis que le pôle « accueil des étrangers » s’adresse aux personnes envoyées par l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), dans le cadre du Dispositif national d’accueil (DNA) pour leur permettre de se loger et s’insérer le temps des démarches administratives.

En revanche, il serait trop long de citer l’ensemble des dispositifs qui permettent d’accueillir l’ensemble des résidents, des familles, des demandeurs d’asile, des anciens prisonniers. « Nous en resensons une quinzaine », convient Dominique Le Tallec. Ces services portent des noms à coucher dehors, sauf qu’ils sont bien utiles pour abriter sous un toit les plus démunis d’entre nous (Centre d’accueil des Demandeurs d’Asile, centres provisoires d’hébergement, centres d’Hébergement et de Réinsertion sociale, projets Rado).

Les priorités de l’association : santé, logement, gouvernance participative et communication  

Dans ce foyer, le volet santé est primordial. Il s’impose comme une réalité partagée par beaucoup de résidents face à laquelle Dominique Le Tallec admet “ne pas être suffisamment armé”. Contre les souffrances de la rue, un poste d’infirmier a été créé dès 2020, au sein même de l’association. « Des lits halte soins santé (LHSS) ont été mis en place en 2022 pour garantir une convalescence adaptée », ajoute le directeur. « Des conventions avec différents organismes comme le Pôle Saint-Hélier améliorent également la prise en charge des patients précaires. »

Contre le mal logement, Dominique Le Tallec partage le sentiment de tous les acteurs sociaux. « On se heurte à une pénurie de logement qui freine l’insertion », admet-il. Avec de nombreux partenaires, l’association travaille pour trouver de nouvelles opportunités comme la location de bâtiments temporairement inoccupés, tout en augmentant la durée d’hébergement d’urgence (jusqu’à 11h le matin). Au-delà, le responsable associatif milite fermement pour l’inclusion sociale. “Nous voulons apporter de la réflexion sur l’évolution des réalités sociales et la reconnaissance des personnes dans les situations les plus précaires” affirme Dominique Le Tallec. 

Bénévolat et solidarité, les piliers de Saint-Benoît Labre

Fondée en 1936, l’association Saint Benoît Labre est une association loi 1901, à but non lucratif et reconnue d’intérêt général à caractère social. Elle a été créée par  Yves Desbois, chef du garage à Ouest-Éclair (ancêtre d’Ouest France), qui, constatant que  des personnes sans-abri passaient la nuit dans ses camions, fonda une œuvre catholique de charité publique. Avec la généralisation des politiques publiques d’action sociale permises par l’émergence de l’Etat providence, l’association se professionnalise en 1980 avec la signature d’une convention avec l’Etat. Depuis, offres d’hébergement et d’insertion ainsi que recherche de ressources financières et bénévoles caractérisent l’évolution de Saint-Benoît Labre. 

En matière de financement, 86% des ressources de l’association viennent de l’Etat, ce qui correspond à 6,3 millions d’euros en 2026. Mais, dans un contexte de tensions budgétaires, l’association dépend beaucoup du soutien des collectivités territoriales et du don. Le bénévolat est essentiel, représentant une cinquantaine de personnes engagées dans l’administration ou les activités de terrain. 80 professionnels sont aussi nécessaires au bon fonctionnement technique : restauration, maintenance, entretien, communication, ressources humaines, … 

“On est un maillon dans une chaîne : on s’inscrit dans un contexte où des associations accueillent des personnes en difficulté, font de l’insertion professionnelle, travaillent sur le plan de la santé ou de l’aide juridique d’urgence. »

A l’occasion des 90 ans de Saint Benoît Labre

L’association propose une série d’évènements durant le mois de juin pour sensibiliser le grand public, valoriser ses actions et mobiliser de nouveaux soutiens. Le 4 juin : assemblée générale de l’association au Grand Huit à partir de 17h pour découvrir et approfondir le projet associatif Le 6 juin : présentation de l’exposition « Je vous écris de Benoît Labre », réalisée par Michel Urvoy dans le chapiteau place Saint-Germain. Le 9 juin : Colloque “Accompagner chacun au logement d’abord” à ASKORIA, école des métiers des solidarités, avenue du Bois Labbé. Deux tables rondes animées par des professionnels et acteurs politiques  Le 16 juin : Chorale « CHU chantant » et « Les Voix de Beauregard » dans l’amphithéâtre des Archives départementales à 20h. Prestation accessible à tous et gratuite.  Le 17 juin : Temps festif et convivial pour les résidents : chorale, repas partagé, animations et jeux pour les enfants des résidents, concert dans la cour de la Visitation.

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