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mardi 2 juin 2026
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des drones en centre-ville pendant un mois pour lutter contre l’extension du trafic

Le narcotrafic ne concerne plus uniquement les quartiers périphériques de Rennes. Dans un arrêté signé fin mai, le 29 mai plus exactement, la préfecture d’Ille-et-Vilaine autorise la police à utiliser jusqu’à quatre drones simultanément pendant un mois entier, du 1er au 30 juin 2026, pour surveiller les quartiers centre de Rennes, notamment autour de la dalle du Colombier et de l’esplanade Charles-de-Gaulle.

Ce document administratif, que nous avons consulté, est particulièrement révélateur. Il pointe un trafic durable, structuré et de plus en plus visible en plein centre-ville, avec des saisies importantes de cocaïne, cannabis, héroïne, crack, kétamine, méthadone et ecstasy, mais aussi des armes, des règlements de comptes et des violences graves. «Le trafic est  présent et continue de se développer dans le secteur du Colombier et de Charles-de-Gaulle», explicite la préfecture.

À compter du 1er juin 2026, la police pourra utiliser quatre drones DJI simultanément afin de filmer, d’enregistrer et de transmettre des images sur un large périmètre du centre rennais. Le secteur concerné couvre notamment le Colombier, Charles-de-Gaulle, République, la rue Saint-Michel, les Lices, ainsi que la gare de Rennes et ses abords. La préfecture justifie ce dispositif par le «caractère très mobile du trafic, l’occupation durable de certains espaces publics et la nécessité d’une surveillance renforcée dans le temps». Comme dans d’autres secteurs rennais, un système de brouillage anti-drone pourra également être utilisé.

Le trafic est  présent et continue de se développer dans le secteur du Colombier et de Charles-de-Gaulle»

Sur près d’un an, l’arrêté liste ensuite une succession impressionnante d’interpellations et de saisies qui témoignent d’un trafic actif au cœur même de la ville. Le 29 juillet 2025, un individu est arrêté avec 1,1 kilogramme de cocaïne. Deux jours plus tard, le 31 juillet, une perquisition permet de découvrir 2,865 kg de résine de cannabis, 29 flacons de méthadone, trois balances et du matériel de conditionnement, soit un ensemble compatible avec un trafic structuré.

Des volumes rarement associés à l’image traditionnelle d’un trafic de rue du centre-ville.

Le 6 août 2025, après une vente de trois cocottes de cocaïne, la police perquisitionne un logement et découvre 37 grammes de cocaïne, 75 grammes de kétamine et 11 455 euros en espèces.  Le tournant le plus spectaculaire intervient toutefois le 24 octobre 2025. À la suite d’un simple contrôle routier, un passager est trouvé en possession de 230 grammes de cocaïne. Mais c’est surtout la perquisition du domicile qui retient l’attention : les policiers y découvrent plus de 7 kilogrammes de résine de cannabis, 500 grammes de cocaïne, 500 grammes d’héroïne, de la kétamine ainsi que 23 000 euros en liquide. 

Le document établit également un lien récurrent entre trafic de stupéfiants et armement. Le 16 septembre 2025, une perquisition liée à un contrôle routier rue Inkerman mène à la découverte de sept armes longues, de nombreuses munitions et de 141 grammes de cocaïne. Quelques mois plus tard, le 22 décembre 2025, avenue Janvier, une chambre d’hôtel utilisée par un individu contrôlé révèle 19 000 euros en numéraire, une arme semi-automatique ainsi que des cartouches de calibre 7,62.

L’arrêté identifie clairement plusieurs zones de concentration du trafic dans le centre de Rennes, notamment la dalle du Colombier, l’esplanade Charles-de-Gaulle, la rue Saint-Michel et certains secteurs autour de République. Le 8 septembre 2025, place Charles-de-Gaulle, un homme est contrôlé avec du crack et de la cocaïne. Le 10 décembre, rue Saint-Michel, deux individus sont interpellés alors qu’ils vendent notamment de la cocaïne. Le 18 avril 2026, à proximité immédiate de l’esplanade Charles-de-Gaulle, un individu est contrôlé avec dix cocottes de cocaïne dissimulées dans sa chaussette. Encore en mai 2026, une perquisition menée après un contrôle près de Charles-de-Gaulle permet de découvrir 130 grammes de cocaïne et 32 grammes de cannabis.

L’autre élément marquant du document concerne les violences liées au trafic. Le 15 novembre 2025, place des Lices, les policiers interviennent sur une tentative d’homicide, la victime ayant été laissée pour morte après un différend. Plus récemment, le 15 mai 2026, rue Saint-Michel, une rixe liée au narcotrafic se termine par un homme blessé à l’arme blanche et transporté en urgence absolue (voir notre article). Dans le centre-ville, le trafic du centre-ville ne se résume plus à de simples transactions discrètes : il génère aussi des épisodes de violence grave dans des espaces publics parmi les plus fréquentés de Rennes.

Ce que révèle surtout cet arrêté, ce n’est peut-être pas uniquement la quantité de drogue saisie, mais le changement de géographie du problème. Les faits recensés montrent un phénomène durable : cocaïne vendue en plein espace public, armes, argent liquide, produits multiples, violences et points de deal identifiés au centre-ville. Pendant un mois entier, ce recours à quatre drones de police laisse entendre que les autorités cherchent désormais à reprendre le contrôle de zones centrales devenues sensibles.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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