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ESSAIS THERAPEUTIQUES : LE SALAIRE DES PAUVRES ET DES ETUDIANTS

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A Rennes, le milieu des étudiants et des chômeurs se refilait le tuyau sous le manteau. “Tu veux gagner de l’argent, vite et bien,” expliquait Stéphane. “Fais donc des tests.”

Devenu aujourd’hui enseignant, il se payait à l’époque une partie de son appart, ses clopes et ses sorties grâce aux essais thérapeutiques. “Je passais parfois une semaine à l’intérieur du laboratoire de Biotrial, sans voir personne.” Et il n’était pas le seul. “Il y avait beaucoup d’étudiants et parfois des chômeurs, tous appâtés par le besoin d’argent. C’est la seule motivation. Il n’y en a pas d’autres surtout quand vous restez quelques jours dans un lieu clos…” Stéphane, comme les autres, a testé de nombreux médicaments. “Je ne le regrette pas aujourd’hui. Mais je pense aujourd’hui aux victimes de l’accident survenu à Rennes (voir ci-dessous). Rétrospectivement, cela me file la chair de poule. Mais bon à l’époque, je n’avais pas trop le choix.”

Tout cela pour 4500 euros annuellement grand maximum !

Combien sont-ils à passer des examens ? Difficile de le dire. 10, 50, 1000…par an. On ne le saura sans doute jamais. Tous les ans, le laboratoire rennais est à la recherche de cobayes. « En tant que volontaire, vous aidez à faire progresser la recherche médicale, » explique leur site, votre rôle est majeur, les médicaments ne pouvant pas être commercialisés sans différentes phases de test chez des volontaires sains et des patients volontaires. Nos études sont indemnisées de 100 à 4500 euros. Cette indemnité est non imposable et versée une fois les derniers contrôles effectués, en fin d’étude. Elle ne peut pas dépasser 4 500 € annuellement. » Tout est visiblement transparent, agréé, réglementé et fait avancer la science. Sauf une chose : le besoin d’argent d’une certain frange de la population.

L’accident d’un laboratoire sérieux

Après avoir passé un essai thérapeutique conduit par le laboratoire Biotrial à Rennes, un individu est en état de mort clinique depuis ce matin à l’hôpital de Rennes. Cinq autres personnes sont hospitalisées, dont quatre d’entre eux est jugé inquiétant. Le laboratoire rennais, employant 200 personnes, testait un produit « à visée antalgique » contenait du « cannabinoïde » pour le compte d’un fabriquant portugais de médicaments, Bial. Il est un des fleurons de l’industrie pharmaceutique et réputé sérieux par tous les intervenants du monde de la santé.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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