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jeudi 30 avril 2026
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après le drame de Plouasne, le maire libéré pour prendre du « bon temps avec sa femme »

Ce jeudi matin 30 avril, devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes, la fine fleur de la presse locale et nationale est présente pour une affaire hors norme. Car ce n’est pas tous les jours qu’un maire d’une commune, aussi petite soit-elle, demande sa remise en liberté devant la justice. Âgé de 80 ans, Michel Daugan est revêtu d’un pull noir. Il se tient droit, les mains posées sur la table. Difficile d’imaginer que, le 7 avril dernier, dans son bourg de 1 800 âmes, il a été à l’origine d’un terrible drame avec son conseiller municipal, Jean-Michel Hamonet et deux habitants.

Ce jour-là, le maire veut hospitaliser d’office Catherine Josselin, âgée de 66 ans. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu… À l’audience, ce jour, le juge revient sur les circonstances. Il explique l’enchaînement de la tragédie. La victime a été mise à terre par un crochet. Elle a été frappée à coups de pied. Elle a été ligotée par un voisin et maintenue sous les 92 kilos d’un conseiller à l’embonpoint caractérisé durant une bonne vingtaine de minutes, jusqu’à ce que mort s’ensuive vers 13 h. Catherine Josselin a eu beau se débattre. Elle succombe.

Mais comment en est-on arrivé là ? En chemin vers son domicile, Catherine Josselin aurait donné un coup de pied au tibia du maire qui faisait barrage. Ce geste de trop aurait provoqué un déferlement de violences, ponctué de quelques « mots aimables » des élus. « Tu n’avais qu’à prendre tes médicaments. On n’en serait pas là », avait asséné le maire. Lui et son conseiller avaient décidé d’agir au plus vite sous la pression d’un collectif de voisins. Ils craignaient le comportement agressif de la victime, qui aurait déjà blessé un riverain avec des ciseaux et menacé un autre. Problème, il était hors le cadre légal. Il n’avait pas pris d’arrêté d’hospitalisation, ni même réussi à joindre au téléphone le médecin traitant de Catherine Josselin (déjà l’objet de plusieurs hospitalisations d’office).

À la barre, le ténor du barreau de Rennes, Jérôme Stéphan (notre photo), a fait face à son client en visio depuis la prison de Vezin-le-Coquet. Poursuivi pour détention arbitraire, suivie de mort, et de violences commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner, son client joue gros. « Il agissait dans l’intérêt de sa commune, de ses administrés. Son objectif était de traiter une difficulté », explique Jérôme Stéphan. Toutefois, l’avocat admet la responsabilité de son client (quatre mandats d’élu à son actif). « Il a fait n’importe quoi en dehors de toutes les règles applicables. C’était totalement inadapté. Mais aujourd’hui, il l’a compris et a reconnu sa responsabilité. »

Au-delà de la disgrâce d’un maire, l’avocat a demandé sa liberté, estimant que la détention provisoire n’est plus justifiée. « Il n’y a plus de trouble à l’ordre public, ni même de risque de renouvellement puisque mon client a fait acte de démission auprès du préfet. » De l’autre côté de la barre, l’avocate générale a appris à l’audience la démission de l’élu. « Compte tenu de cette nouvelle information, je laisse à la Cour le soin d’apprécier la demande de remise en liberté.» Auparavant, elle avait toutefois insisté sur le rôle d’instigateur de Michel Daugan dans cette « funeste » scène.

Une responsabilité que le principal accusé n’a pas niée devant les magistrats ! Le maire a présenté ses regrets à la famille de la victime. Sans trémolos dans la voix, tentant d’être digne, il a affirmé droit dans ses bottes « n’avoir jamais souhaité la mort » de quelqu’un. « Catherine Josselin était en chemin vers chez elle», a-t-il expliqué. «C’était l’endroit idéal pour la retenir. Dans ma mission, j’ai toujours tenu à arranger les choses. Franchement, je ne pensais pas que mon intervention allait entraîner ce drame. Si je sors, je pourrais tourner la page (…) Il est urgent de prendre du bon temps avec ma femme ! »

Libéré ce soir, sous contrôle judiciaire, Michel Daugan pourra rejoindre Quévert où il habite dorénavant. Place désormais à l’instruction avant un procès qui pourrait se tenir dans plusieurs années. «C’est un jugement qui m’apparaît complètement justifié et c’était la raison pour laquelle j’avais fait appel. La démission intervenue depuis la décision du juge des libertés et de la détention a été déterminante dans la position de la cour. C’est un énorme soulagement pour lui et pour sa famille», a indiqué Jérôme Stéphan

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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