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VIOLENCES CONJUGALES : 30 ANS PLUS TARD, ELLE EN SOUFFRE ENCORE

Elle promène souvent son chien dans un quartier rennais. Elle n’a pas d’âge. Une allure modeste et le patois en guise de langage. Parfois, elle dit quelques mots contre son mari. “Il buvait et me tapait dessus. Souvent, je dormais dans le hangar pour éviter les coups”, explique l’ancienne agricultrice de Messac.

Durant quinze ans, elle subit les violences. “Je n’osais pas partir”, ajoute-t-elle. “En ce temps-là, cela ne se faisait pas.” Mais un jour, elle a craqué. “J’ai voulu me jeter dans le puits. Je n’en pouvais plus. Trois jours plus tard, je me suis réveillée à l’hôpital. Je ne savais pas ce que je faisais là. Je suis restée quelques semaines au repos.”

Durant son hospitalisation, elle refuse les visites. Elle ne veut voir personne. “Mais en sortant de l’hôpital, j’ai décidé de divorcer”, se souvient-elle. “Tout le monde me disait : cela ne se fait pas. Même le juge de réconciliation (en fait de conciliation) et mon avocat m’ont demandé de revenir auprès de mon mari.”

Autres temps, autres mœurs ! Mais contre vents et justice, elle tient le choc. “Mon ex-époux avait racheté une alliance pour moi. Il voulait revenir à la maison. Heureusement, je n’ai pas cédé. Sinon, je crois que je ne serai plus là !,” ajoute-t-elle. 

Après ces violences, l’agricultrice a refait sa vie avec un autre homme. “Mais je ne suis pas mariée. J’avais déjà eu une mauvaise expérience”, sourit-elle. Sauf que derrière son sourire, la souffrance est toujours là. “J’y pense encore tous les jours… Vous savez monsieur, cela gâche une vie et même plusieurs vies. Mes enfants ont beaucoup souffert.” 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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