CECI EST UN TEST 1
Actualités

UN NOUVEAU CAMPEMENT DE MIGRANTS AUX HAUTES-OURMES

test2

Mercredi matin, vers 7 h 30, sur ordre du Préfet, les policiers ont délogé une centaine de migrants des parcs Saint-Cyr et de la Touche où ils étaient installés maintenant depuis quelques semaines (voir notre article). Mais dès le lendemain, ce jeudi 6 octobre, des exilés ont investi un nouveau parc (Hautes-Ourmes) où ils ont ouvert un campement, faute de solution d’hébergement. 

Une vingtaine d’enfants

Dans des conditions précaires, les ressortissants dorment depuis sous la tente. Ils viennent d’Afrique et des pays de l’Est et sont parfois malades. « Je suis arrivée le 4 octobre de Géorgie avec mon mari et ma fille de 5 ans, amputée d’un bras », explique Hatuna, journaliste georgienne. « Nous sommes en France depuis un an. Mon époux souffre d’une leucémie », précise l’Albanaise, Cassandra. 

Une bénévole avec du matériel.

Sur place, 58 individus, dont 24 petits (source : Interorganisation de soutiens aux personnes exilées) bénéficient de l’aide des associations locales. Encore cette après-midi, des militants sont venus apporter de la nourriture et du matériel de camping. « Nous sommes inquiets », affirmait l’un d’eux. « Les températures deviennent très froides. Pour des bambins, cela risque d’être compliqué. » 

Une tournure politique

Mais l’affaire prend désormais une tournure politique. « Un campement succède à un autre, laissant sans solution plusieurs familles, dont certaines avec de très jeunes enfants, à l’approche de l’hiver », regrette dans un communiqué, David Travers, adjoint délégué à la Solidarité de la majorité. « Ne nous y trompons pas quant à la responsabilité de cette situation. Elle n’incombe pas aux citoyens, aux associations et aux collectifs mobilisés, qui agissent au quotidien auprès de ces familles. Cette responsabilité ne revient pas non plus à la ville de Rennes. Car en dehors de toute compétence en la matière, nous avons pris l’engagement de maintenir notre dispositif de mise à l’abri de 900 places. »

Aujourd’hui, l’élu pointe du doigt les gouvernants, bref les Macronistes.  « La responsabilité est celle de la politique migratoire de l’État dont il nous faut montrer les insuffisances au moment où le Gouvernement a annoncé un grand débat sur l’immigration. Désormais, de nombreuses personnes, et nous en avons régulièrement de nouveaux exemples à Rennes, ne sont pas régularisées. Pourtant, elles cumulent tous les critères qui devraient le leur permettre. L’État leur interdit donc ainsi l’accès à un logement et le droit de travailler, alors que beaucoup sont déjà parfaitement intégrées dans notre société. »

L’élu rennais s’en prend également au laxisme du Gouvernement. « Il prononce chaque année un nombre important d’obligations de quitter le territoire français (123 845 en 2019). Mais seulement 15 615, soit moins de 13 %, ont été exécutées. Or, ce sont précisément ces “sans droits, ni titres” (…) qui se retrouvent totalement démunies dans ces campements de fortune. Ces personnes sont condamnées à la plus grande précarité pour de nombreuses années dans l’espoir de pouvoir ensuite refaire une demande de titre de séjour. Cette politique migratoire de l’État conduit à la saturation de notre dispositif de mise à l’abri. Face à ces insuffisances et ces manquements, il est impératif que l’État bâtisse une démarche d’accueil digne et qu’il assume l’hébergement d’urgence dont il a strictement la compétence. » 

Le projet de loi de finances prévoit une diminution des places d’hébergement d’urgence pour 2023. Ce qui rendra la situation d’autant plus intenable », explique l’élu rennais.

À la suite de l’évacuation des parcs de Saint-Cyr et de la Touche (décidées par la préfecture), 44 personnes ont été orientées en chambre d’hôtel. « Il s’agit d’individus en situation de grande vulnérabilité ou encore de demandeurs d’asile attendant que des places se libèrent dans les logements qui leur est dédié », expliquait la préfecture dans un communiqué.  Trente-trois autres personnes (déboutées du droit d’asile) ont été logées dans le centre d’hébergement du « Dispositif préparatoire au retour » (DPAR). Enfin, 44 autres ont été invitées à se présenter à la police aux frontières (PAF) ou au guichet unique des demandeurs d’asile. 

 

 

 

Infos + : Le collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes (CSPSP 35) occupe l’école de Trégain pour aider une mère et ses deux enfants à la rue depuis ce matin. Face à la situation des familles expulsées des campements, la mobilisation s’organise avec un regroupement devant l’école de l’Ille (boulevard de Verdun), aujourd’hui à 16 h, une manifestation devant l’école de la Poterie à 17 h 30 et une assemblée générale le 9 octobre à 15 h au parc des Hautes Ourmes. Une rassemblement a déjà eu lieu à la mairie, ce jeudi soir. 

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

Pour tout contact. 06 75 37 16 66

Laisser un commentaire