Le 12 août 2024, le ministre de l’intérieur imposait à un joueur d’un club brésilien de bon niveau des mesures strictes de surveillance et de pointer quotidiennement devant les forces de l’ordre durant trois mois. Il lui reprochait son adhésion à une idéologie extrémiste et islamiste. Estimant cette délibération attentatoire à sa liberté de circulation et à sa vie privée, le footballeur a contesté cette décision devant le tribunal administratif. « Mon client ne soutient pas, ne diffuse pas ni n’adhère à aucune thèse incitant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie », a déclaré son avocat, maître Brengarth. « Le ministre de l’Intérieur prend à son encontre une position destinée aux terroristes alors qu’il n’a rien à voir avec ces milieux. » Par une ordonnance de référé, le juge rennais a rejeté la demande du footballeur, le 16 septembre dernier. Pour motiver son jugement, il a évoqué plusieurs éléments troublants : ses abonnements à des comptes salafistes sur Instagram, ses stories douteuses, ainsi que sa fréquentation régulière de la mosquée Ar Rahma à Brest. Dans cette dernière, il était notamment en contact avec un individu proche de la mouvance islamiste radicale. Pis encore, le joueur aurait effectué des recherches en ligne sur un prêche du prédicateur salafiste Youssef Bounouader, ancien imam de la salle de prière d’Ecquevilly (Yvelines), fermée en 2016. « Il existe des raisons sérieuses de considérer le comportement du requérant comme une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics», tient à préciser le magistrat.


