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SUSPENSION D’EXAMENS À RENNES 2 : DES AGENTS ET DES PROFS N’EN PEUVENT PLUS

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Lundi 6 janvier, vers 15 h 30, à l’université Rennes 2, des individus ont fait irruption dans les amphis où se déroulaient les examens. Ils ont éteint les lumières, arraché les feuilles d’émargement, se sont emparés des copies. Résultat, la présidence a suspendu les partiels. “Ces grèves à répétition sont usantes”, explique un chargé de TD de Rennes 2, sous couvert d’anonymat (de peur des représailles). “Mais le pis, ce sont les suspensions d’examens ! Pour les agents, c’est un vrai pensum. Ils sont obligés de refaire tous les plannings. Pour les profs, c’est aussi fatiguant. Nous sommes obligés de penser à des nouveaux sujets. En quelques années à Rennes 2, je n’ai jamais travaillé sereinement. On est même obligés de faire attention à tout ce que l’on dit, de peur de se retrouver « épinglés » sur les réseaux sociaux.”

Crédit Enocq

                                    “Taper du point sur la table”

Prêt à démissionner, l’enseignant en veut “un peu” à son président. “A un moment donné, il faut taper du point sur la table”, explique-t-il. “Vous ne pouvez pas tout accepter. A Villejean, 200 étudiants ne peuvent pas faire la loi contre 20 000 étudiants parfois boursiers et pour la plupart travailleurs. Notre président est bien trop préoccupé par sa notoriété. Il doit en effet son élection à un syndicat étudiant. Il veut manier la chèvre et le chou !” Pour autant, l’enseignant n’est pas contre les actions estudiantines, loin de là. “Moi-même, j’étais étudiant, ici, Moi-même, j’ai manifesté comme eux. Mais j’aimerais bien que l’on sorte des actions de blocage traditionnelles.” Un second chargé de cours n’en peut plus du tout. “C’est une honte ce système universitaire qui fait plus de politique idéologique que de l’enseignement. J’y interviens en tant que chargé de cours mais je crois que je vais jeter l’éponge. J’en ai marre de recevoir leurs emails propagandistes bourrés d’écriture inclusive”, indique-t-il.

A Rennes, nombreux ironisent sur Rennes 2. ” J’y ai été en 2000 à 2002″, ironise un internaute sur notre page Facebook. “Je n’ai jamais validé un seul semestre mais j’ai pu faire de la radio !” Un autre est plus virulent. “Chaque année c’est le bordel cette fac”,  ajoute Vincent. “J’espère que mes enfants n’iront jamais !” A Rennes, la droite n’a pas de mots assez durs. “Depuis trop longtemps, un militantisme aux méthodes violentes et confiscatoires des espaces de l’établissement public croît dans un silence et une inaction incompréhensible des présidences successives. La parodie de démocratie via des assemblées générales non représentatives ainsi que la violence anarchique exercée par ces minorités menacent l’avenir des étudiants, à commencer par les plus faibles et plus défavorisés.”

                  Difficile de faire entendre sa voix

Le candidat de la droite rennaise veut aujourd’hui “penser à̀ tous ceux qui doivent travailler pour assumer leurs études ou encore ceux dont les parents se sacrifient.” Mais plus encore, il s’inquiète de l’avenir de l’université.” La pérennité de l’Université de Rennes 2 est menacée. “La Présidence de l’université, avec l’aide de l’Etat, doit mettre tous les moyens en œuvre à sa disposition pour assurer durablement la mission de service public à destination des étudiants. Des sanctions universitaires et judiciaires doivent également être prises à l’égard des fauteurs de trouble. Maire de Rennes j’exigerais des explications des autorités universitaires.”

                “On veut faire bouger les choses”

Beaucoup d’étudiants sont eux-mêmes très durs à l’égard des protestataires les plus ultras. “La plupart d’entre nous ne cautionnent pas ces actes”, explique Solenne. Entre les étudiants pro-blocages et les autres, les tensions sont même parfois extrêmes. “Il est difficile de faire entendre sa voix”, ose une étudiante. “On est face à des grévistes qui voient des fachos et des flics partout. C’est assez usant.” En face, les syndicats, les manifestants plaident la bonne cause. “On ne manifeste pas pour le plaisir de manifester. On manifeste pour défendre des idées, des projets. Même si parfois, cela ne se fait pas sans casse,” affirme un étudiant. “Nous voulons faire bouger les choses et pour cela, rien ne vaut l’action.” A Villejean, la tradition révolutionnaire perdure. Ce qui fait peut-être son charme, mais pas le bonheur de tous !

A noter pour les étudiants : le nouveau calendrier des examens du premier semestre, organisé en concertation avec les équipes pédagogiques et les scolarités, a été adopté à l’unanimité ce mercredi 22 janvier en Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU). Il prévoit la tenue d’examens en ligne et en présentiel la 1re semaine de mars entre le lundi 2 mars et le samedi 7 mars, au retour des vacances de février. Pour les étudiants de la cellule d’enseignement à distance, les examens sont prévus en ligne. Le calendrier sera soumis au vote des élus du Conseil d’administration vendredi matin. “Nous serons ensuite en mesure de communiquer l’organisation détaillée des épreuves vendredi 14 février au plus tard”, explique Olivier David, président de l’Université. Pour connaitre les positions des étudiants grévistes : voici quelques liens : AG Rennes 2, Expansive Info, Armée de Dumbledore

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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