Depuis le 1er janvier 2025, la loi interdit l’usage de contenants en plastique pour la cuisson et le réchauffage des repas dans les cantines scolaires. Cette mesure, issue de la loi Egalim adoptée en 2018, vise à limiter l’exposition des enfants à des substances chimiques libérées lorsque le plastique est chauffé au contact des aliments. À Rennes, cette interdiction n’est toutefois pas encore pleinement appliquée. Elle interviendra uniquement à l’horizon 2029, avec la construction d’une seconde cuisine centrale.
D’ici là, des barquettes plastiques continueront d’être utilisées pour la réchauffe des repas servis dans les écoles publiques. Dans un texte publié sur le réseau social Linkedlin, Alinoë Lavillaureix, médecin et mère d’élève, pointe courageusement ce décalage entre les ambitions affichées par la municipalité et les pratiques actuelles. « La ville de Rennes met en avant le bio, les produits locaux et la lutte contre le gaspillage — et c’est une bonne chose. Mais un point essentiel reste ignoré », écrit-elle.
Mobilisée, la praticienne alerte sur les conséquences sanitaires de cette situation. « Chauffés, les plastiques libèrent des substances toxiques (phtalates, bisphénols, micro- et nanoplastiques) », rappelle-t-elle. « Selon l’ANSES, l’EFSA et l’OMS, ces substances sont des perturbateurs endocriniens aux effets graves et cumulatifs », précise-t-elle, évoquant notamment « des troubles du développement, des pubertés précoces, de l’obésité, de l’asthme, des atteintes immunitaires, des effets sur la fertilité, des cancers hormonodépendants et des maladies cardiovasculaires ».
Ces alertes locales font écho à des travaux scientifiques récents relayés par la presse spécialisée. En septembre 2025, une large synthèse de la littérature scientifique internationale a confirmé l’existence de « décennies de preuves » reliant l’exposition précoce aux plastiques à de nombreuses maladies chroniques. À l’échelle locale, la médecin insiste sur l’ampleur des enfants concernés par la présence de ces barquettes. « Aujourd’hui, 14 000 enfants rennais sont exposés chaque jour à ces substances, malgré une interdiction légale claire », écrit-elle. En filigrane, elle met en perspective les choix rennais avec ceux d’autres collectivités. « La sortie du plastique chauffé est repoussée à 2029, avec la construction d’une 2e cantine centrale, alors que d’autres villes comparables comme Toulouse sont déjà sortis du plastique sans nouvelle construction », note-t-elle.
À Toulouse, la collectivité a en effet engagé ces dernières années une sortie progressive du plastique chauffé dans les cantines scolaires, en s’appuyant sur l’adaptation des cuisines existantes, le déploiement de contenants en inox et une réorganisation logistique, sans attendre la construction d’un nouvel équipement central. Cette transition s’est faite par étapes, contrairement à la capitale bretonne où la situation perdure sans que les familles ne soient au courant. « Ni les parents, ni même les parents élus n’ont été informés de manière transparente des choix municipaux, pourtant déterminants pour la santé des enfants », affirme la médecin dans son texte.
La mobilisation citoyenne a néanmoins permis certaines avancées. « 7 écoles sur 89 expérimenteront le tout inox à partir de 2026 », écrit-elle « Mais c’est insuffisant et inégalitaire, et sans calendrier pour les autres écoles », ajoute-t-elle. « Nous demandons un audit urgent et des mesures concrètes dès 2026 pour protéger TOUS les enfants rennais », conclut la médecin, appelant les habitants à soutenir la pétition lancée par le collectif Cantine sans plastique. Lien vers la pétition : https://lnkd.in/e-CMc2KE


