Petit matin dominical en ce 8 février 2026. Au détour d’une promenade encore ensommeillée, les passants tombent sur une nuée d’hommes et de femmes en jaune citron qui foulent le bitume sous des regards mi-amusés, mi-intrigués. Serait-ce encore des runners, préparant les foulées rennaises ou le Marathon Vert ?
Que nenni ! À l’arrière du peloton, une figure bien connue de la politique rennaise, Loïck Le Brun, accuse le coup dans la montée de la rue Le Bastard. Devant lui, on reconnaît sans peine le candidat Charles Compagnon, entouré de ses colistiers, vêtus de maillots floqués aux couleurs de leur tête de liste. Difficile de faire plus visible…
L’opération relève évidemment de la communication politique. Mais il faut bien convenir que l’idée est plutôt bien trouvée dans la course aux municipales… Après la photo souvenir devant l’hôtel de Ville — où l’on distingue quelques visages familiers — le groupe a mis le cap sur le Parlement de Bretagne, toujours en formation serrée et aux pas de course.
Demeure une question en suspens : nos coureurs du dimanche ont-ils croisé l’équipe de Nathalie Appéré, elle aussi en short ? En tout cas, cette scène sportive n’est pas sans rappeler un évènement majeur politique de la Ve république. À l’université d’été de l’UMP, en septembre 2005, Dominique de Villepin avait terminé son jogging par un bain de mer sur la plage de La Baule (voir l’article du Figaro). Torse ruisselant, silhouette athlétique, il arrivait sous l’oeil de Nicolas Sarkozy, fulminant devant les caméras. Ce dernier était battu sur le terrain de son activité favorite : le sport.


