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STADE RENNAIS : DEJÀ UNE FINALE EN 1922 !

En ce mois de mai de l’année 1922, le gardien du Stade Rennais Charles Berthelot entre dans le stade Pershing avec sa casquette vissée sur la tête. Vêtu d’un maillot à manche longue et d’un short arrivant à mi-cuisse, il a fière allure. Pour la première fois, il dispute la finale de la coupe de France avec son équipe devant près de 22 000 spectateurs à Vincennes.

Dans la formation rennaise, la star de l’équipe s’appelle ce jour-là François Hugues. Venant du Red Star, François Hugues a l’habitude des grandes rencontres. International, il a été membre de l’équipe de France aux JO d’Anvers, battant même les Anglais. Il est aligné aux côtés des arrières Lenoble et Molles, des demis Scoones et Pierre Gastiger, des attaquants Delalande, Marc, Callabero (un boxeur venu de Saint-Nazaire), Maurice Gastiger et Bourdin.

                        Une belle équipe rennaise !

Pas du tout favoris, les Rennais entrent sans complexe sur le terrain. Dans les tours précédents, ils ont battu Le Havre (3 à 0), Lille (1 à 0 au deuxième match) et l’Olympique de Paris (3 à 0). Devant les Bretons, le Red Star présente lui aussi une belle formation avec le gardien Pierre Chayriguès et les joueurs Philippe Bonnardel, Paul Nicolas, Raymond Sentébury…

Dès la fin de la première mi-temps, les espoirs rennais s’envolent avec un but de Nicolas.  Pourtant, les Rennais ne déméritent pas, Gastiger et Callabero manquant à deux reprises de réduire le score. “A proprement parler, il n’y eut pas une grosse différence de classe entre vainqueurs et vaincus,” écrit le journaliste du journal Ouest-Eclair, le 9 mai 1922. “Les Bretons firent preuve d’un allant et d’un courage extraordinaires, mais ils se heurtèrent à des joueurs plus expérimentés qu’eux. Le métier, la technique supérieure des hommes de Gamblin eurent raison de la ténacité des poulains de Hugues. Ceux-ci ne sortent nullement diminués de cette grande rencontre. Ils ont fait l’impossible pour triompher, leur tenue a été splendide. Ils ont succombé en beauté après avoir vaillamment défendu les chances de l’Ouest. Qu’ils en soient félicités.”

                       Le public en faveur des Bretons

Même la presse parisienne ne manque pas d’éloges à l’égard de la formation rennaise. “Les Rennais ne sortent nullement diminués de la rencontre. Leur équipe, qui s’est hissée au tout premier plan cette saison, a fourni une “partie remarquable” se donnant jusqu’au bout sans désespérer de la victoire », lit-on dans un grand journal du soir. Son de cloche semblable dans les colonnes de L’Echo des sports qui précise : ” Rennes eut, comme à ses précédentes visites, la faveur de la majorité des spectateurs. Et je ne jurerais pas qu’au fond beaucoup de gens n’aient souhaité de voir se classer au tout premier rang ce club qui en septembre dernier, n’était guère considéré que comme un vague outsider.”

Dans les buts, Charles Berthelot reçoit lui aussi les compliments des journalistes. “Il fut un gardien de but audacieux et habile à se placer,” ose le journal l’Auto, ajoutant : “Il fut bien aidé par Molles et Lenoble, arrières précieux mais lents.”  Dans cette rencontre perdue, Berthelot fut surtout à la mesure du courage de ses équipiers et de leur volonté de vaincre. On le vit même longtemps inanimé après avoir heurté son poteau. Il se releva, tint son poste jusqu’au bout de la rencontre…et obtint les acclamations des spectateurs. Il faut dire que le jeune Berthelot était déjà connu du public parisien depuis sa demi-finale héroïque devant l’Olympique de Paris. Rennes perdit ce 7 mai 1922 sur le score de 2 à 0.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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