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EN 1965, RENNES GAGNE ENFIN LA COUPE

En mai 1965, les Rennais remportent enfin la coupe de France, effectuant un parcours dès plus exemplaires. Ils éliminent le Red Star à Brest (2 buts à 1) et Lens au Parc des Princes (à l’issue d’un match de haut niveau) sur le score de 4 à 3. Puis, ils atomisent Saint-Quentin en huitième de finale sur le score fleuve de 10 à 0 dont 5 buts de Rodighiero, le 7 mars 1965.

                                              Paris, pour un soir, était devenu la capitale de la Bretagne

A Marseille, le 4 avril 1965, les Rennais se débarrassent en quart de finale,  de Nice sur le score de 5 à 2. En demi-finale, rebelote, ils battent Saint-Etienne au parc des Princes devant 30 000 spectateurs sur le score de 3 à 0. “Paris, pour un soir, était devenu la capitale de la Bretagne,”écrit André Herné, journaliste au Télégramme. “Notre plus grand souvenir, ce n’est pas la finale, » ajoute Yves Boutet.C’est la demi-finale face à Saint-Etienne. On a récité un football de rêve. Tout nous réussissait. On aurait pu leur mettre une dizaine de buts. C’était le match de rêve,”assure-t-il.

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Avant la finale, Boutet et se bande se préparent sur la côte d’Emeraude. Le 23 mai, ils entrent sur le terrain du Parc des Princes, sous l’oeil des caméras et des milliers de supporters bretons. La coupe est à portée de mains…Mais les Rennais ne sont pas du tout dans le match et frôlent le KO. Grâce à Jacques Marie et André Perrin, Sedan mène rapidement 2 à 0. Heureusement, Ascencio puis Rodighiero sur un centre de Loncle égalisent pour les Rennais. “Nous étions comme paralysés,” se remémore Yves Boutet. “Heureusement, Coco (Ascencio) nous a sauvé la mise.” Mais Sedan et Rennes n’arrivent pas à se départager. Ils devront rejouer une deuxième finale.

Trois jours plus tard, le 27 mai, au Parc des Princes, lors de la deuxième finale, Sedan marque le premier par Yves Herbet. On craint à cet instant le pire. Piqués au vif, les Rennais égalisent par Rodighiero puis aggravent le score par Loncle à 77e minute et à nouveau par Rodighiero à la 86e minute. C’en est fait des gars de l’Est… La coupe est enfin en Bretagne, à Rennes, après deux tentatives avortées en 1922 et 1935 ! (score final : 3 à 1 avec un penalty de Rodi à la 86e minute).

Quatre à quatre, à la fin du match, Yves Boutet monte les marches du stade vers le trophée. “Je n’ai pas aimé que le Grand Charles ne soit pas là !”, regrette-t-il.  Faute du Général de Gaulle, Maurice Herzog lui remet la coupe. “Ce fut un grand moment d’émotion. Ma femme a bousculé un peu tout le monde pour m’embrasser!” Porté en triomphe par ses camarades, le capitaine Yves Boutet jubile sous les applaudissements. “La Coupe de France de 1965 reste mon plus grand souvenir. Ce fut vraiment le fait le plus marquant de ma carrière, car ce jour-là  j’étais capitaine et c’est moi qui, le premier, ai soulevé le trophée. “

                    Des bouteilles cachées dans les vestiaires

Dans la capitale bretonne, les Rennais ne rentrent pas tout de suite. “Nous sommes restés à Paris pour faire la fête au Moulin Rouge,”se souvient Yves Boutet. “Cela nous changeait du Lido où nous avions célébré la première finale avec l’équipe de Sedan !”Après les festivités parisiennes, les Rennais filent tout droit vers Strasbourg où ils doivent disputer leur dernier match de championnat. “Dans les vestiaires, les  Strasbourgeois avaient caché des bouteilles de Gewurztraminer au début du match puis à la mi-temps. Mais cela ne nous a pas empêché de faire un vrai festival…devant les buts strasbourgeois.”

De retour enfin, à Rennes, l’accueil des Bretons est triomphal. “Il y avait un monde incroyable tout le long de l’avenue Janvier. On nous avait mis à disposition des voitures décapotables. Mais les autos ne sont jamais arrivées jusqu’à l’hôtel de ville. On a fait le reste du chemin à bord d’un camion transportant des fûts de bière…”

Devant une foule nombreuse amassée place de l’Hôtel de Ville, Marcel Loncle et sa bande brandissent la coupe au balcon de la mairie. Le maire rennais de l’époque, Henri Fréville y va même de sa petite phrase historique : “L’ambiance que nous vivons aujourd’hui me rappelle celle de la Libération. » Pour la première fois, le Stade Rennais ramène chez lui la précieuse coupe et fait la une de Paris-Match.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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