En l’espace de quelques jours, Rennes a été secouée par une série de drame. La ville a connu des tirs en rafale, un enlèvement, et, plus tragiquement, la blessure grave d’un enfant de 5 ans, touché à la tête lors d’une fusillade liée au trafic de drogue. Face à cette montée en flèche de la violence, le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau annonce l’arrivée de la CRS 82 en renfort pour sécuriser le quartier de Maurepas.
« La gangrène du narcotrafic est en train de pourrir des quartiers entiers, partout sur le territoire. La guerre que nous devons mener doit être totale, » a déclaré Bruno Retailleau sur le réseau social X, anciennement Twitter. Le membre du gouvernement appelle à une mobilisation massive contre ce qu’il qualifie de « narcoracailles qui contrôlent ce quartier ». Cette réponse intervient au moment où le nouveau préfet de région, Amaury de Saint Quentin, prend ses fonctions ce lundi avec pour mission de « mener immédiatement cette guerre ».
Tout au long de la journée, des élus locaux ont pris la parole pour exprimer leur inquiétude et exhorter à une mobilisation large contre cette violence. Adjoint au maire de Rennes, Marc Hervé souligne la nécessité de combiner les efforts à tous les échelons. « Nous avons besoin de réponse policière, d’enquêtes, de la justice et de condamnations. Il y a aussi l’ensemble des moyens que chacun peut apporter là où il est. Et quand je dis chacun, ça veut aussi dire nous au niveau qui est le nôtre, » affirme-t-il.
À Pacé (lieu de la blessure de l’enfant), commune proche de Rennes, le maire Hervé Depouez confie son inquiétude. « Nous sommes dans une société qui se dégrade. Quelle que soit la ville de France, grande ou petite, on est tous concernés par ça, » déclare-t-il. Maire de Rennes, Nathalie Appéré, sort de son silence dans les colonnes d’Ouest-France. « Je suis sidérée et stupéfaite. Je dis les choses de manière constante, depuis des mois et des mois, sur la violence décomplexée qui touche Rennes, mais aussi de nombreuses villes. Quel élu peut aujourd’hui dire qu’il est épargné par lles narcotrafiquants ? Nous devons agir à tous les niveaux et nous appuyer sur le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’impact du narcotrafic en France, » explique-t-elle.
Pour Nathalie Appéré, la riposte doit être d’une ampleur comparable à celle de la lutte contre le terrorisme. « Nous avons besoin de solution policière, d’investigations, de la justice et de condamnations. Il y a aussi l’ensemble des moyens et des réponses que chacun peut apporter là où il est, » insiste-t-elle, soulignant la nécessité d’une « réassurance rapide » pour les habitants et une sécurisation massive de la ville. « La première question que je lui poserai sera celle des effectifs de police sur Rennes. » Cette prise de conscience des enjeux, intensifiée par les récents événements, marque un tournant pour les élus socialistes, qui, à l’issue d’un dernier conseil municipal centré sur le trafic de stupéfiants, semblent désormais plus engagés face à ce fléau.


