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RENNES : LA REPUBLIQUE EN EBULLITION

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Des années que cela dure dans la capitale bretonne. Des années que la place de la République est tenue par des trafiquants de stupéfiants. Des années que l’on est obligé de baisser la tête pour éviter de croiser des regards sous le passage de la Légion d’Honneur. Mais des années que rien n’est fait. Nos dealers ont toujours été là, à l’exception de quelques mois où une voiture de police siégeait en permanence… juste après les attentats de Bataclan.

« Place de la République et passage de la Légion d’Honneur, voilà des lieux qui devraient évoquer autre chose que la délinquance et le trafic de drogue…mais quand on voit que la police ne daigne même plus se déplacer pour un tapage nocturne…. », explique Sylvain, sur les réseaux sociaux. Mais la police est-elle la seule responsable ? « Non, deux fois non, explique un ancien policier, elle a mieux à faire. Elle s’intéresse aux gros trafiquants. Les petits jeunes qui sont là permettent de remonter uniquement des filières…De toutes les manières, il est toujours difficile de les interpeller. Ils sont bien souvent mineurs et sont immédiatement relâchés. Et quand ils ne sont pas mineurs, ils prennent des emprisonnements avec sursis ! »

                                       De l’angélisme aux actions

La justice serait donc responsable ? Là encore, on a envie de dire deux fois non. Les juges appliquent tout bonnement la Loi, rien que la loi. « Et puis de toutes les façons, les prisons sont pleines… », ajoute un proche de cette affaire. Alors que faire ? Leader de l’opposition municipale, Bertrand Plouvier dénonce régulièrement les faits de violences et délits commis en toute impunité place de la République. « L’angélisme de la gauche rennaise se retrouve, comme souvent, confronté à une réalité insoutenable. Les Rennais paient aujourd’hui dix années d’inaction politique du PS en matière de sécurité à Rennes. »

Pour lui, il est urgent d’intervenir pour assurer la sécurité des Rennais sur son territoire. « Les élus d’Alternance 2020 demandent à la Maire de Rennes de faire preuve de réalisme et de saisir le Ministre de l’Intérieur pour endiguer les problèmes récurrents de délinquance. Nous demandons également le redéploiement du dispositif de vidéo-protection et le renforcement des forces de police. »

Dans son rôle d’opposant, Bertrand Plouvier tape fort. Mais pour la vidéoprotection, certains en contestent l’utilité. « La vidéosurveillance n’a pas grande utilité car elle ne fait plus peur aux délinquants qui proposent leurs “produits” sous le passage de la Légion d’honneur en toute impunité, comme j’ai pu le constater tous les jours de juillet que j’ai passés à Rennes… Mieux vaudrait effectivement une présence dissuasive de la police », confie Jean-Philippe, lui aussi sur les réseaux sociaux.

La présence policière (municipale et nationale) serait donc la seule arme. « Ce que l’on appelait jadis l’ilotage.. » explique un ex-policier avant de préciser : « On arrive à débloquer des hommes pour des manifestants anti loi-travail. Pourquoi ne le fait-on pas pour des délinquants ! » Mais encore faudrait-il régler les problèmes à la source… « La république cristallise les tensions parce que le trafic est visible aux yeux de tous. On oublie toutefois ce qui se passe à Villejean, esplanade du Général de Gaulle et au Blosne où les réseaux se développent impunément avec parfois de nombreuses conséquences sur les citoyens. Et c’est bien plus grave que ce qui se passe à la République.» En attendant des moyens…

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POUR EN SAVOIR PLUS

Dès 2014, Nathalie Appéré en appelait à une stratégie globale

« Mercredi 6 août, à l’hôtel de ville, s’est tenue une réunion restreinte de la cellule de veille du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Elle a été convoquée par la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Étaient notamment présents le préfet, Patrick Strzoda, le parquet par l’intermédiaire du substitut du procureur, Sarah Huet, et le directeur départemental de la sécurité publique, Patrick Chaudet », écrivait le journaliste de Rennes Métropole, Nicolas Auffray. En tenant cette réunion, Nathalie Appéré tenait à réagir dans son propre journal municipal. « Ces faits graves sont inacceptables et ils ont légitimement suscité l’émoi dans la population rennaise et chez ceux qui fréquentent ce secteur important de la République. Ils ont généré un sentiment d’insécurité (…) et méritent des réponses. » Pour cette raison, les autorités avaient élaboré une stratégie pour le secteur de la Place de la République : le renforcement de la présence policière. En plus de leurs missions habituelles, les agents devaient avoir le rôle de police de proximité pour établir des liens avec les commerçants, les chauffeurs de bus ou encore les salariés des opérateurs concernés par la République. « Je prends les dispositions nécessaires pour renforcer les moyens de la police départementale, notamment aux heures les plus sensibles », ajoutait le préfet. D’autres mesures avaient été envisagées : la vidéoprotection et l’élargissement du conseil local de sécurité aux commerçants et aux habitants. Deux ans plus tard, la présence policière se fait attendre visiblement…

http://metropole.rennes.fr/actualites/institutions-citoyennete/institution/une-strategie-globale-pour-la-securite-a-republique/

 

Une pétition a été lancée sur le Net pour que cesse l’insécurité : https://www.change.org/p/mairie-de-rennes-et-prefet-d-ille-et-vilaine-mettre-fin-au-trafic-de-drogue-sur-la-place-de-la-république-à-rennes?source_location=petitions_share_skip

Des arrestations ce mercredi 7 septembre : http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-quinze-mineurs-etrangers-interpelles-republique-4458938

 

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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