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RENNES A 30 KM/H POUR LAISSER LA PLACE AUX VELOS ET AUX BUS !

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« Il y a quelques chose d’assez insupportable de m’imposer la pratique de la bicyclette, » explique Marc, enseignant. « Bientôt, on nous demandera de nous déplacer avec une voiture à cheval… » Mais pas de chance pour lui… la ville de Rennes a validé son plan vélo 2020, lors de son dernier conseil municipal. Droite et gauche sont même d’accord !

 

Notre blog l’avait déjà annoncé : le centre ville passera à 30 km/h pour les automobiles. Lundi dernier, le conseil municipal de Rennes a validé le principe. Il veut laisser place nette aux vélos et aux transports collectifs et on n’a pas le choix ! « Notre plan vise à porter la part des déplacements vélo à 20 % par rapport aux autres transports d’ici 2020, » explique l’adjointe au maire, Sylviane Rault. « C’est un objectif ambitieux et essentiel face à l’ampleur de la pollution atmosphérique. Les Rennais et les Rennaises l’ont bien compris. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à adopter le vélo pour se rendre au travail ou à l’université, sur les lieux de loisirs ou pour faire leurs achats. »

               Un système vélo

A Rennes, les comptages vélos montreraient une augmentation de près de 50 % de cyclistes depuis 2010. « En 2014, ils ont révélé 20 000 déplacements cyclistes quotidiens. » Pour développer encore plus l’usage du vélo, le plan de la majorité municipale s’appuie sur quatre leviers : la baisse de la vitesse de l’auto, l’amélioration du réseau cyclable, la promotion de la bicyclette et les services plus efficients. « Ces quatre leviers constituent ce que l’on peut appeler un système vélo, » assure l’élue rennaise, Sylviane Rault.

         80 % des rues seront limitées à 30 km/h

En 2020, au plus tard, 80 % des rues seront limitées à 30 km/h, le 50 km/h devenant l’exception. Elles seront « moins roulantes » pour lutter contre le « sentiment d’insécurité. » Elles permettront surtout de faire la part belle aux vélos et d’améliorer le réseau cyclable. « Nous traiterons les points noirs, améliorerons les continuités cyclables et favoriserons les liaisons entre les quartiers, » ajoute Sylvaine Rault.

 

Pour définir les meilleures conditions de « cyclabilité », la ville a tout prévu, mais tout prévu. « Cinq fiches techniques ont été réalisées. Elles doivent permettre d’insuffler une véritable culture vélo dès la conception des aménagements. » Traduction, la ville entend renforcer le marquage au sol, multiplier les pictogrammes vélo à l’entrée des carrefours et indiquer beaucoup mieux les entrées et sorties des zones 30 km/h. « Il s’agit dans le même temps de développer des itinéraires structurants. » Par là-même, la ville veut offrir des itinéraires directs, du confort dans circulation, des marquages au sol renforcés. « Le réseau permettra de relier les différents quartiers au centre-ville et de desservir les zones d’emplois. Il représentera 100 km de pistes dont 40 km sont actuellement ouverts, 25 sont à améliorer et 35 sont à réaliser. »

               Un réseau plus sécurisé, plus attractif

Ce réseau structurant mettra en œuvre une nouvelle génération d’aménagements cyclables, espère l’adjointe Sylviane Rault. « Il sera plus sécurisé plus attractif et capable d’accueillir deux à trois fois plus de cyclistes qu’aujourd’hui. Il offrira prioritairement des pistes cyclables sécurisées susceptibles de convaincre de nouveaux cyclistes qui n’osent plus circuler par crainte de l’accident. »

La municipalité déploiera également les stationnements vélos dans les rues commerçantes, devant les équipements publics et dans les quartiers résidentiels. « Afin de lutter contre le vol de vélo, ajoute Sylviane Rault des campagnes de marquage seront menées ainsi que des informations sur les antivols les plus sécurisés. »

               Des locations de vélo de longue durée

D’ici 2020, le service Vélo Star sera optimisé par la municipalité. « Des locations de plus longue durée pourront être envisagées. » Bref, la ville tient à militer en faveur de l’usage de la bicyclette et le fait savoir. « A l’heure de la Cop 21, nous devons montrer que des actions concrètes sont possibles dans nos territoires. »

Pour l’opposition municipale, la municipalité de Rennes ne va pas toutefois assez vite. « Pour chaque année qui passe, Rennes prend un retard considérable sur les modes actifs de déplacement, » a expliqué Bertrand Plouvier, représentant de l’opposition municipale. « J’entends par là la pratique du vélo qui reste très en-deçà de ce qu’elle fut et de ce qu’elle pourrait être et de ce qu’elle devrait être. » Il en veut pour preuve quelques chiffres. « À l’échelle de l’agglomération, 11 % des déplacements se faisaient en vélo, a-t-il indiqué. Près d’une trentaine d’années plus tard et selon les derniers chiffres de la métropole, la pratique du vélo par rapport aux autres moyens de circulation retombe à 4 % sur l’échelle de la métropole et à 5 % sur l’échelle de la ville. C’est moitié moins que Strasbourg et Bordeaux pour ne parler que des capitales régionales. Et c’est encore bien moins que certaines villes d’Europe particulièrement dans le Nord ! Il est temps de passer au braquet supérieur. »

Bertrand Plouvier a du mal à expliquer ce retard. « C‘est pourtant à Rennes qui a été mis en place pour la première fois dans le monde une version informatisée du vélo en libre-service en 1998 avec le vélo à la carte. La ville comptait alors 172 km d’itinéraires cyclables dont 38 km sécurisé. Au rythme de 4 km aménagés en dix ans les Rennais auront les 100 km d’itinéraires structurants en 2040 ! » Bertrand Plouvier n’est pas non plus tendre sur la politique de mise à disposition des vélos. « Depuis le nouveau service Vélo Star, nombre d’emprunts ne cesse de diminuer. »

Pour lui, pas de doute, ce constat illustre l’échec de la ville. « La politique de l’offre jaugée au nombre de kilomètres, de litres de peinture et de vélos à disposition ne suffit pas pour développer la pratique du vélo. Elle ignore les principaux freins au développement : la sécurité des cyclistes vélos et la continuité des itinéraires. Après avoir quasiment tout fait pour la mobilité collective, notre ville et surtout Rennes métropole doivent mettre en marche de nombreux outils de la mobilité individuelle, bien au-delà du modèle des années 50 !

Bertrand Plouvier ne veut pas la « triste répétition » des échecs précédents. « Les itinéraires cyclistes doivent être en site sécurisé, éclairé et avec des faibles dénivellations. Ils doivent être équipés de pompes et fléchés pour relier les différents quartiers rennais. » C’est pourquoi il fait un vœu. « J’espère que les 58 km que vous annoncez répondront à ces critères et ne seront pas de simples bandes cyclables matérialisées par quelques lignes de peinture. Les Rennais attendent des actes concrets… Il ne suffit pas d’annoncer qu’il faut réduire de 20 % l’émission de gaz à effet de serre. Il ne suffit pas d’annoncer 100 km d’itinéraires cyclables. Il faut anticiper la pratique du vélo. »

Ce vœu pieu a beaucoup fait rire le camp des écologistes ! « J’ai plaisir à entendre nos collègues de Droite reprendre nos idées écologistes, » a ironisé Gaëlle Rougier. « Car ce plan vélo présenté par Sylviane ce soir aurait dû les satisfaire car il satisfait les associations. » Au passage, les écolos en profitent pour égratigner la droite locale et ses contradictions eu regard de ses discours volontariste en faveur vélo et sa politique plus que timide sur la place de voiture en ville. « Il faut être cohérent, a noté la conseillère municipale. Le développement du vélo et l’amélioration de la qualité de l’air ne passeront que par la limitation de vitesse et la limitation du nombre de voitures en ville. »

L’élue écologiste a même encouragé Bertrand Plouvier à poursuivre ses efforts. « La voie écologique est exigeante et elle demande des choix politiques clairement assumés que la ville se charge de faire avec ce plan ambitieux ! » A Rennes, on l’aura compris, le vélo est une priorité pour les élus. Mais qu’en est-il des citoyens…

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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