En France, certaines municipalités ont eu du mal à trouver des assesseurs, des secrétaires et des présidents de bureaux de votes pour faire face aux deux élections: les régionales et les départementales. A un mois des élections, il manquait au moins 150 personnes à Bordeaux ou 300 à Tours.
Pour pallier au manque de volontaires, le maire de Perpignan, Louis Aliot (RN) a mis en place un appel à candidature avec une rémunération. Il a accordé 300 euros par tour de scrutin pour le président et le secrétaire du bureau de vote, 200 euros pour les assesseurs. A Rennes, loin d’être RN, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, a opté pour le même système pour ses 107 bureaux de vote. En revanche, difficile de connaître le montant exact des rémunérations versées aux différents membres des bureaux de vote. Interrogé par nos soins, son cabinet (comme à l’accoutumée) n’a pas souhaité nous répondre.
Avec 30 % de participation, nous avons été débordés de boulot faute de bénévoles pour le dépouillement, je ne veux pas imaginer ce qui se passera avec un taux de participation plus important », un assesseur.
Mais d’après nos informations recueillies auprès de Rennais « bénévoles », les assesseurs auraient touché 125 euros (brut) pour une journée de travail, les secrétaires environ 270 euros (brut) et les présidents 300 euros (brut). A raison de quatre assesseurs (deux pour les régionales et deux pour les départementales), d’un président et d’un secrétaire par bureau, la facture (prise en charge en par l’Etat) avoisinerait selon nos calculs à 114 490 euros (1)…sur la seule ville de Rennes où l’on compte 107 bureaux.
On comprend donc aisément pourquoi Nathalie Appéré milite en faveur d’une votation plus moderne ! « Dans une démocratie vivante, les modalités de vote doivent être rénovées afin de mieux correspondre aux attentes des citoyens », expliquait-elle dans un communiqué de presse sans pour autant en évoquer le coût… « Malgré des demandes répétées ces derniers mois, et en dépit du contexte de pandémie, cela n’a pas été fait. »
En revanche, dans les petites communes, le bénévolat est encore de mise. Mais pour combien de temps ? « On est face à une abstention galopante tant dans les urnes que chez les assesseurs », s’amuse un proche de ce dossier. « Un jour ou l’autre, il faudra peut-être envisager d’’autres manières de faire… face au coût de telles élections et surtout si l’on a de moins en moins d’assesseurs. »
Les assesseurs ont un rôle d’observateur et de contrôle lors d’un scrutin. Ils assistent le président du bureau de vote, ils signent les documents officiels, s’assurent que les procédures sont respectées et veillent au bon déroulement du dépouillement et du comptage. Ils sont au moins deux par bureau et doivent être présents lors de l’ouverture et de la fermeture.
Tous les majeurs inscrits sur les listes électorales peuvent être assesseurs: c’est une mission bénévole qui ne nécessite pas d’être vacciné mais qui permet d’être prioritaire. En cas de manque d’assesseurs, le préfet peut réquisitionner des conseillers ou des agents municipaux voire, en dernier recours, des électeurs.


