Près de onze ans après l’explosion qui avait frappé la plage des Sables rouges, ce 20 novembre, le tribunal administratif de Rennes a condamné l’État à verser plus de 156 000 euros aux neuf rescapés. Dans la nuit du 6 au 7 septembre 2014, un groupe d’amis campait autour d’un feu lorsqu’un engin de guerre enfoui sous le sable avait explosé, faisant un mort, un blessé grave et plusieurs traumatisés. Le tribunal avait déjà reconnu la responsabilité sans faute de l’État en 2022, en raison de la présence de munitions anciennes sur un site ouvert au public.
La responsabilité de la commune de Groix, mise en cause par les requérants, a en revanche été écartée.
Les indemnisations varient selon les séquelles de chacun. Le plus gravement touché reçoit plus de 70 000 euros, notamment pour ses pertes de revenus, ses souffrances et un handicap auditif durable. D’autres indemnisations couvrent des acouphènes persistants, des troubles du sommeil, un stress post-traumatique ou des périodes d’incapacité temporaire.
Plusieurs victimes avaient aussi demandé la réparation de préjudices liés à leur formation ou à leur évolution professionnelle, évoquant l’abandon d’un brevet maritime, la perte d’une chance d’obtenir un poste plus qualifié ou l’interruption d’un cursus militaire. Le tribunal a rejeté ces demandes, estimant qu’aucune pièce ne prouvait un projet concret ou un lien direct entre l’accident et ces abandons.
Le tribunal met enfin à la charge de l’État les 18 000 euros de frais d’expertise ainsi qu’une enveloppe globale de 2 500 euros pour les frais de justice. Ce jugement met un terme à une procédure longue et parfois lourde pour les rescapés, qui avaient vécu cette nuit comme un basculement, un bouleversement. Il rappelle aussi la nécessité de prévenir les risques liés aux munitions anciennes de la Seconde Guerre mondiale sur les plages du littoral breton.


