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PASCAL BURGUIN LIVRE LE TÉMOIGNAGE D’UN JEUNE LYCÉEN DE ZOLA DÉPORTÉ

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Professeur d’histoire au lycée Chateaubriand et docteur-es-lettres, Pascal Burguin sort dans les kiosques “Un lycée dans la guerre”, un ouvrage d’érudit dévoilant l’histoire de Zola durant la Seconde Guerre Mondiale. En plus de 100 pages, il livre les secrets d’un lieu,  de ses professeurs et de ses élèves.

En feuilletant cet ouvrage, le lecteur plonge dans un univers en noir et blanc où les jeunes hommes de bonne famille étaient tirés à quatre épingles. “C’était un établissement où la bourgeoise rennaise envoyait ses enfants”, confie Pascal Burguin. Ici comme ailleurs, les jeunes garçons, bien que bien mis, sont entrés en résistance. L’un d’eux paya même de sa vie la participation à un défilé du 1er mai 1942. Il s’appelait Bernard Deva !

Croisa-t-il la route de Samy Mizrahi dans les terribles camps de la mort ? Nul ne le sait ! Son camarade de lycée eut toutefois plus de chance. Il échappa aux tortionnaires nazis. Il  revint d’outre-tombe à la différence de millions de ses camardes juifs. Mais de cette expérience, il n’en fit peu de cas lors de sa vie de médecin dans le Sud de la France. Il préféra se taire…comme beaucoup d’autres. 

                          Sortir de son silence 

Soixante-dix ans plus tard, Samy Mizrahi sort de son silence. Il accepte de revenir sur son passé à la demande des lycéens de Zola, dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la déportation. “C’est un récit d’une vingtaine de pages, d’une force et d’une densité singulières,” explique l’auteur, Pascal Burguin. 

Déposé au Mémorial de la Shoah, à Paris et au Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, son témoignage raconte l’effroyable. Il parle de sa mère qu’il ne pût serrer dans ses bras. Il parle de Marco, cet Italien de 14 ans qui l’agrippa de toute ses forces en le suppliant : “va dire au SS que je ne veux pas mourir !” Il parle de cette terrible loterie….

Dans son récit, la mort est partout, présente. Mais à chaque fois, le rescapé ne se départit jamais d’une certaine “hauteur de vue”. “La véritable leçon d’Auschwitz, ce n’est pas tant le nombre de victimes que le nombre de bourreaux.” Avec lui, on replonge dans l’horrible, dans la Seconde Guerre Mondiale, dans l’extermination de tout un peuple. Pascal Burguin, Un lycée dans la guerre, avec le témoignage de Samy Mizrahi sous l’égide led ‘Association pour la mémoire du lycée et du collège de Rennes. 

Terminus Auschwitz.  “Il n’y a pas eu de discours d’accueil. Les wagons ont dégorgé précipitamment leur contenu sous un ciel de neige, bas, d’une tristesse accablante. D’étranges bagnards, en tenue à rayures verticales bleues et blanches, nous ont ordonné d’abandonner nos bagages. Agacé par mille recommandations de ma mère, j’étais descendu un des premiers et au milieu de la foule des arrivants, entraîné par le mouvement, il m’a été impossible de la retrouver. J’avais beau sauter sur place, tourner la tête dans tous les sens, elle avait disparu. Ce n’est pas moi qui l’ai aidée à sortir du wagon, je ne l’ai pas embrassée avant qu’on nous sépare, à quelques heures de sa mort, et cette cruauté involontaire est un des grands remords de la vie.” Samy avait 16 ans. 

Survivre à Auschwitz. “Sur 1200 arrivants, près de 1000 sont allés directement à la chambre à gaz. Ma mère avec eux. Ma première sélection. Ma première boule blanche (…) J’ai survécu parce que des centaines de milliers d’hommes sont morts.”

 

 

 

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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