À Rennes, même les histoires les plus légères peuvent finir en contentieux. Celle du cuisinier gérant d’un restaurant administratif en est un parfait exemple. Tout commence le 26 octobre 2021. Dans les cuisines municipales, on trinque, on sourit pour un anniversaire. Sauf que la mairie, elle, ne rigole pas avec la note de service du 19 octobre 2020 interdisant toute boisson alcoolisée sur le lieu de travail. Résultat : convocation de l’intéressé à un entretien le 4 novembre 2021, puis ouverture d’une procédure disciplinaire en bonne et due forme par courrier du 19 janvier 2022.
Le 3 mai 2022, la maire de Rennes signe l’arrêté de sanction : blâme pour consommation d’alcool sur le lieu de travail. Mécontent, l’employé conteste la décision. Il jure mordicus qu’il n’a bu qu’un « rosé pamplemousse sans alcool » et dénonce une procédure irrégulière. Il n’aurait pas été informé de son droit à être accompagné dès le premier entretien. Il n’aurait pas eu les moyens de se défendre en novembre 2021 devant le directeur des moyens et des achats, le responsable des restaurants administratifs et le responsable de la « mission RH du service restauration durable. Ce qui fait beaucoup de responsables pour un rosé…
Mais voilà : lors d’une nouvelle audition, le 17 mars 2022, l’agent reconnaît que la boisson était « alcoolisée à un degré comme le panaché ». Et le collègue présent confirme. Dès lors, le tribunal administratif, réuni le 17 octobre 2025 et ayant rendu sa décision le 7 novembre 2025, ne s’est pas laissé griser : tout était conforme, du déroulé de la procédure à la teneur du breuvage. Le blâme est donc maintenu. Pas de médaille du travail pour le cuisinier qui l’espérait cette année — mais une mention spéciale dans les annales de la fonction publique rennaise.


