Un surveillant a été violemment agressé ce lundi 28 juillet 2025, au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin. Selon un communiqué du syndicat FO Justice, l’agression a eu lieu aux alentours de 14 h 45, lors d’une extraction judiciaire au sein de la maison d’arrêt. L’assaillant, un détenu connu pour ses troubles psychiatriques, a frappé un agent au visage, le blessant au menton. Le syndicat dénonce une nouvelle attaque évitable, dans un climat de plus en plus tendu.
La violence est survenue au moment où les gardiens sortent de sa cellule le prisonnier. Ce dernier, décrit comme instable psychologiquement, aurait tenté de se mêler à d’autres prisonniers pour se procurer du tabac. Intercepté par les agents, il est accompagné par un surveillant, mais à l’approche de la grille d’accès, la situation dégénère bien vite. « Le détenu a essayé de subtiliser une cigarette à un autre. Le surveillant est intervenu calmement […], c’est alors que le détenu s’est retourné brutalement et a frappé notre collègue d’un coup de poing au menton. Notre collègue s’est effondré au sol, KO », détaille FO Justice.
Rapidement maîtrisé et placé au quartier disciplinaire, le détenu ne prononce depuis plus un mot. Le fonctionnaire blessé a lui été pris en charge par l’infirmerie de l’établissement, où il a reçu deux points de suture avant d’être transféré à l’hôpital. Il ne rentrera chez lui que vers 21 h. Le syndicat FO Justice dénonce aujourd’hui un manque criant de moyens et de vigilance de l’administration. « La direction est dépassée, les blouses blanches brillent par leur absence, et l’institution continue de laisser ces profils dangereux déambuler au milieu des autres, comme si de rien n’était. »
L’agression de ce 28 juillet est la troisième en deux semaines selon FO Justice. Le bureau local se dit épuisé par une spirale de violence dont l’origine serait bien identifiée, mais jamais traitée. « Pourtant, les signaux étaient clairs. Pourtant, les collègues avaient fait remonter les informations. Pourtant, le bureau FO n’a cessé d’alerter sur les risques de tels profils », martèle le syndicat. En réaction, un débrayage a été organisé dès 7 h le lendemain matin. Une large partie du personnel s’est mobilisée, ralentissant fortement le fonctionnement de l’établissement toute la matinée. « C’est une manière d’exprimer leur colère, leur fatigue, mais surtout leur détermination à ne plus accepter l’inacceptable .»
Dans son communiqué, FO Justice formule plusieurs exigences : le transfert immédiat des détenus psychiatriques vers des unités spécialisées, la fin de leur maintien en détention classique, une sanction exemplaire contre l’agresseur, et la reconnaissance officielle de la dangerosité de ces profils. « Nous apportons notre soutien total à notre collègue blessé ainsi qu’à l’ensemble du personnel exposé chaque jour à ces hommes instables et difficiles »


