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LES MINQUIERS : LE REVE DE TOUS LES MARINS BRETONS

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A quelques encablures de Jersey, les Minquiers sont une poussière d’îles ramassées par les Anglais. Elles sont une escale de rêve pour marins émérites, doux illuminés et aventuriers en mal de paradis perdus.

En revenant des Minquiers, une joie indicible. Une impression étrange d’avoir joué les Robinsons. Bien au-delà de Chausey, en face de Granville, cet archipel ne mérite pas seulement le détour. Il se mérite tout simplement… Même Victor Hugo, l’exilé de Guernesey et auteur des Travailleurs de la Mer, n’a osé s’y aventurer… C’est dire si l’escapade n’est pas inscrite sur toutes les tablettes des marins du monde entier.

Pour s’y rendre, il faut connaître un pêcheur granvillais, un plaisancier malouin au long cours ou pire un Jersiais ! Car aucune navette touristique ne propose cette destination. « J’y suis allé une fois dans ma vie, » reconnaît Didier Vallée, journaliste globe-trotteur. «Il y règne une atmosphère étrange. Un je-ne-sais-quoi de britannique dans un paysage du bout du monde. »

                         Une terre bretonne dans un coin d’Angleterre

A marée haute, le plateau des Minquiers s’évapore à l’exception des deux grandes îles. A marée basse, d’innombrables petits îlots réapparaissent comme par enchantement. Ils sont des havres de paix où les rares pêcheurs à pied dénichent, sans forcer leurs talents, des palourdes, des homards, des étrilles et des coques.

A quinze kilomètres au Sud de Jersey et à trente kilomètres de Saint-Malo, le paysage des Minquiers est rude. On est dans une terre bretonne en territoire britannique. On y accoste à l’aide d’une petite annexe. « J’ai toujours l’impression d’être le premier à fouler cette île, » assure un Malouin, habitué de l’endroit. Au regard de la configuration des lieux, difficile de le contredire. « De nos jours, précise Edouard Launet, auteur du Seigneur des îles, le plateau reste la zone la plus mal cartographiée au large des côtes françaises, une quasi terra incognita, une zone blanche. »

A terre, l’exploration dure à peine une heure. Mais chaque petite découverte prend des proportions inimaginables que l’on ne vit nulle part ailleurs. Sur cinquante mètres de long et pas plus de vingt de large, de petites maisonnées couvertes de tuiles rouges se blottissent les unes contre les autres. « Ici, vivent l’été quelques familles de Jersey dans des conditions assez difficiles. Il faut être vraiment un peu fou… pour y loger,» confie Hugh, guide touristique à Jersey. Ce sont des maisons dans l’infini, ajoute Edouard Launet, des asiles dans l’inhabitable, des observatoires dans l’inhumain. » Bienheureux celui qui mettra les pieds sur l’archipel. ll aura le sentiment d’appartenir à une caste de privilégiés et d’être le roi des Minquiers !

 

Les Minquiers : pour y arriver, il faut un bon bateau et un bon marin.

 

Cap en bateau sur les Minquiers

Les Minquiers sont des « mauvais cailloux », laisse entendre Victor Hugo. On y sera extrêmement prudent. « Lors d’une première visite, nécessairement, par temps clair, il faudra privilégier la voie nord, ajoute Bill Dolan, patron de l’hôtel éponyme à Jersey. Car, ici, pas de GPS. Il faut savoir naviguer !» De Saint-Hélier,   à marée haute, il faut descendre jusqu’à la bouée du Grand Vasselin. Deux cents mètres avant la bouée de la jetée de la fontaine de Bas, il faut viser la bouée Grune tard, la bouée du Rocher du Sud bas puis la balise rocher blanc. Par le sud, l’entrée est beaucoup plus compliquée…Attention au courant d’est-ouest aux Minquiers et au tirant d’eau !

Quelques maisons sont occupées par des estivants jersiais.

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Les Minquiers, terre promise

Lorsque des rivages du Cotentin, nous apercevons Jersey, Guernesey et Aurigny si proches, nous éprouvons un sentiment analogue à celui qu’éprouvent les Espagnols en apercevant Gibraltar, » écrit l’historien français, Charles de la Morandière en 1956. A trois reprises, les Français ont tenté d’annexer l’archipel des Minquiers. Une première fois, au début du siècle dernier, un riche banquier parisien, Edouard Le Roux, voulut y construire une maison. Une seconde fois, en 1939, le peintre officiel de la Marine Marin Marie et ses amis granvillais construisirent en un tour de bras un abri de pêcheurs. Une troisième fois, l’écrivain Jean Raspail et ses amis pêcheurs y hissèrent le drapeau de Patagonie en 1998. Les tentatives échoèrent à chaque fois, mais elles montrent ô combien le désir d’être des rois de ces îles étaient bien plus forts que les lois ! Le 17 novembre 1953, la cour internationale de justice de la Haye accorda définitivement la souveraineté au Royaume Uni, mettant fin aux espoirs français.

Une piste d'hélicoptère a été construite sur l'archipel.

Les Minquiers, archipel anglo-normand accessible uniquement par la mer

Des pêcheurs ont inscrit leurs initiales sur les rochers au XIXe siècle.

Les toilettes les plus au sud de l'Angleterre.

Les toilettes les plus au sud de l’Angleterre.

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

1 commentaire

  • Une terre bretonne dans un coin d’Angleterre…
    Il fallait oser! C’est tout simplement un archipel anglo-normand.
    Et le « au pire un Jersiais » est tout simplement déplacé.
    Les îles ne sont pas anglaises.
    Intéressez vous un petit peu à l’histoire normande.

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