À quelques mois des élections municipales (mars 2026), l’opposition rennaise fourbit ses armes. Mais impossible de savoir encore aujourd’hui qui mènera la bataille, leur bataille. Lors d’une conférence, réunissant la fine fleur de la presse locale, Charles Compagnon (Horizons) et Carole Gandon (Renaissance) ont soigneusement esquivé la question. Pas de nom, mais un « mantra » répété : « au regard du bilan de la maire Nathalie Appéré, notre responsabilité historique est de créer un rassemblement. »
C’est la défaite assurée, si nous avons deux listes dans l’opposition », Carole Gandon.
Rivaux en 2020, Charles Compagnon et Carole Gandon, s’affichent désormais côte à côte, et non plus dos à dos. « Le sujet est suffisamment grave pour que les égos, les divergences et les critiques de nos partisans soient rangés au service d’un grand projet pour Rennes », martèle Charles Compagnon. Carole Gandon enfonce le clou. « L’élection de 2026 ne sera pas celle de 2020. Nous avons le devoir de construire une alternative crédible et désirable. Les Rennais ne nous pardonneraient pas une nouvelle division. »
Mais un grain de sable complique la belle mécanique : Thomas Rousseau (Les Républicains). « Nous dialoguons depuis de longs mois avec lui », rassure Carole Gandon. « Je n’ai aucun problème avec le programme qu’il porte. Il faut juste s’entendre. Thomas Rousseau a eu besoin d’exister par lui-même, c’est légitime. Mais désormais, le temps de la responsabilité est arrivé. »
On ne peut pas vouloir le rassemblement et se proclamer tête de liste. Ça ne marche pas. » Charles Compagnon.
Dans ce regroupement des forces de l’opposition, Charles Compagnon et Carole Gandon souhaitent conserver leurs identités respectives. Leur méthode se veut collective, issue d’ateliers programmatiques réunissant citoyens et experts. Toutefois, cet équilibre laisse en suspens l’hypothèse d’un partage des tâches (en cas d’élection) : la mairie pour l’un, la métropole pour l’autre. Mais aucun des deux n’avance pour l’heure ses pions ! « Je défends un maire de Rennes à plein temps », ajoute simplement Charles Compagnon.
En attendant une position ferme de leur part, les deux « candidats » taclent Nathalie Appéré et ses équipes. Tous deux fustigent « le bal des hypocrites » sur l’insécurité, les projets abandonnés comme le Zénith ou le grand stade ou encore la casse de la ville par les ultras. Ils critiquent les deux heures de débats sur Gaza, les polémiques nationales lors des conseils municipaux. « Pendant ce temps, on ne parle pas des problèmes locaux », déplore Carole Gandon. « La vie quotidienne des Rennais ne les intéresse pas. »
«Nathalie Appéré jouit d’une image de femme de dossier. Mais quand on soulève le voile, les dossiers ne sont pas bons non plus », confie Carole Gandon.
Face à « cinquante ans de socialisme », l’opposition promet un projet en construction : une police métropolitaine des transports, une brigade de tranquillité résidentielle, la gratuité des bus lors des temps forts commerciaux, un plan de relance du centre-ville et un Zénith (ou un grand stade). « Rennes doit retrouver sa place dans les grandes tournées nationales », insiste Charles Compagnon. Reste à savoir qui incarnera ce collectif sur l’affiche. Une chose est certaine : l’opposition veut donner l’image d’un équipage soudé pour affronter lors de la future campagne une gauche divisée ou non !



