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mardi 21 juillet 2026
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À Rennes en 1926, il fallait déposer ses bagages… la veille du départ

Chaque été, les automobilistes scrutent les prévisions de Bison Futé et les voyageurs redoutent les quais bondés. On pourrait croire ce phénomène récent. Pourtant, il y a exactement un siècle, la gare de Rennes connaissait déjà ses premiers grands chassés-croisés estivaux. Au cœur de l’été 1926, L’Ouest-Éclair publie une recommandation qui ferait presque sourire aujourd’hui. Face à l’affluence des voyageurs prenant le train vers les stations balnéaires, la Compagnie des chemins de fer invite les Rennais à venir… la veille enregistrer leurs bagages.

« Les billets peuvent être délivrés et les bagages enregistrés la veille du départ », à condition de faire apposer sur le titre de transport la mention « Valable pour le lendemain ». Cette précaution était destinée à éviter les interminables files d’attente devant les guichets. La raison est simple. Fin juillet et début août, les départs vers les « bains de mer » provoquent une véritable saturation de la gare rennaise. L’administration ne cache d’ailleurs pas ses inquiétudes et encourage vivement les voyageurs à profiter de cette possibilité « dans leur intérêt », afin « d’éviter l’encombrement des guichets et de faciliter l’acheminement régulier des bagages ».

À cette époque, partir en vacances ne ressemblait en rien à un week-end improvisé. Les familles voyageaient avec d’imposantes malles, des valises rigides, parfois même des paniers de provisions. Les bagages étaient enregistrés séparément avant d’être chargés dans les fourgons des trains. Cette logistique exigeait du temps, de la patience… et une bonne organisation. Les destinations faisaient rêver pour nos Rennais d’antan. Dinard, Saint-Malo, Saint-Briac, Paramé, Perros-Guirec ou encore Quiberon remplissaient les colonnes des journaux de leurs annonces d’hôtels, de villas à louer et de pensions de famille. Les bains de mer étaient alors autant une distraction qu’une prescription médicale.

Cent ans plus tard, les technologies ont changé, mais les habitudes restent étonnamment proches. Les voyageurs arrivent toujours en avance, surveillent les quais, espèrent éviter la foule et cherchent le meilleur moment pour partir. Finalement, si les TGV ont remplacé les locomotives à vapeur, les grands départs d’été continuent d’obéir à la même règle : mieux vaut anticiper. L’histoire nous rappelle ainsi qu’avant les bouchons sur la RN 137 ou les quais bondés des TGV, Rennes connaissait déjà ses embouteillages… sur les guichets de sa gare.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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