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mardi 21 juillet 2026
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Chienne de vie

Une vidéo montrant les policiers en train de saisir plusieurs chiens appartenant à des personnes sans domicile fixe, place Sainte-Anne, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Publiée le vendredi 17 juillet par l’Union Pirate, syndicat étudiant influent et proche de La France insoumise, elle cumule près de 24 000 “likes” sur Instagram. « La honte », déplore en commentaire la députée et conseillère municipale LFI Marie Mesmeur. 

« C’est ignoble » déclare dans une autre vidéo « Petit Ju », le propriétaire de deux chiens, Shiva et Sofia, capturés par les agents de police. En quelques jours seulement, près d’une dizaine de milliers de personnes ont été indignés devant les images qui dénoncent un « manque d’humanité ». Sur X, anciennement Twitter, un anonyme s’interroge même sur la solitude des SDF. « Ils n’ont que leur chiens comme famille. Pourquoi la mairie leur inflige ça ? » 

Le jour même de la saisie des chiens par les agents de police, une cagnotte en ligne a été ouverte. « Les chiens des SDF de Sainte-Anne ont été emmenés à la fourrière ! On parle de 8/9 chiens, 10 d’après les médias. C’est inadmissible de faire ça à des personnes qui sont dans le besoin et souvent seuls. Peu importe le montant merci de votre participation ! » Avec 2153 euros récoltés, la barre des 1500 euros espérés a été largement dépassée. 

Ce lundi 20 juillet, les propriétaires des six chiens saisis ont retrouvé leur compagnon, soit trois jours à peine après leur capture. Un arrêté municipal de 2004, concernant l’interdiction des regroupement de chiens dans le centre-ville, mentionne pourtant une durée de « 8 jours ouvrés » à la fourrière pour les chiens capturés par les autorités. La pression médiatique n’a donc pas laissé la mairie immobile…

Une politique de « gentrification des centres-villes »

La Ville justifie la saisie des chiens par la volonté de garantir « la tranquillité et la sécurité des personnes présentes sur la place. » Les représentants de la mairie entendent « sensibiliser les usagers au partage de l’espace public et rappeler le respect des règles en vigueur », notamment l’arrêté municipal de 2004, signé par l’ancien maire socialiste Edmond Hervé. 

Cet arrêté interdit « le regroupement de chiens occasionnant, par leur importance numérique, un trouble à la sécurité, la salubrité, la tranquillité ou l’ordre publics », dans tout le centre-ville, ainsi que « dans les parcs et squares publics ainsi que dans les zones de détente et de loisirs. » 

Des faits similaires se sont déroulés à Rennes en mars et en mai 2013, suite à la morsure d’un passant par un chien de personne sans domicile fixe. Un des propriétaires avait déploré devoir débourser 85 euros pour récupérer ses chiens, « une fortune ». Aujourd’hui, la somme est de 111€ par chien. 

Dans un communiqué, l’opposition à gauche du parti socialiste (LFI, NPA-l’Anticapitaliste, Union Pirate et Révolution Permanente) juge la politique socialiste injuste. « Cette décision est une volonté de poursuivre la gentrification des centres-villes en éloignant les populations les plus précaires de l’espace public. »

Une problématique qui concerne d’autres villes de l’Ouest

A Dinan, le maire de droite Didier Lechien a publié un arrêté en 2014 contre les rassemblements de chiens et la consommation d’alcool sur la voie publique, tout en se défendant: « Ce n’est pas un arrêté anti-SDF. » La municipalité nantaise a également publié un arrêté contre les chiens non tenus en laisse. Presse Océan relatait dans un article en 2019 l’émotion suscitée par la saisie d’une dizaine de chiens par les policiers. Un représentant de la maire socialiste Johanna Rolland déclarait, auprès de nos confrères : « C’est une question de pacification et de partage de l’espace public. Riverains, commerçants, touristes doivent pouvoir se sentir en sécurité. En cas d’accident, cela pourrait être reproché à la Ville. »

 

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