Ce 21 novembre, le choc a été total au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin. Une semaine après l’évasion du détenu S., les agents ont appris avec stupeur le limogeage de leur directeur, Nourredine Brahimi, non pas par leur hiérarchie mais par les médias, et même par les détenus eux-mêmes. « Près de 40 ans de carrière, une vie entière dédiée à l’administration pénitentiaire… et voilà le remerciement ! Face aux difficultés rencontrées depuis plus d’un an, la décision d’écarter le directeur relève davantage d’une manœuvre politique que d’une cohérence de gestion», dénonce le syndicat.
Pour les personnels, la sanction tombe comme un couperet injuste. « Que l’on apprécie ou non notre directeur, l’avis est unanime : c’est une honte.» Dans un communiqué cinglant, le syndicat défend l’ancien directeur. Contrairement aux insinuations relayées depuis l’évasion, la Direction interrégionale était « parfaitement informée » de la permission accordée au détenu S. et avait même donné un avis favorable. Le détenu, qui avait formulé huit demandes auparavant, avait toujours essuyé un refus jusqu’à ce que la magistrature décide de le « tester » en l’autorisant à participer à une sortie collective au Planétarium. « Qui est donc réellement responsable de cette évasion ? », interroge le syndicat.
Ce matin, personne n’aurait informé les agents du limogeage du directeur. « Ce sont les détenus eux- mêmes, après l’avoir vu dans les médias, qui ont informé les surveillants ! Quel manque de respect. Quel manque de considération pour l’ensemble des personnels de l’établissement. Personne n’a eu l’intelligence ni le simple réflexe d’avertir les agents avant de “balancer” l’info aux médias.» FO Justice dénonce un « manque de respect » et un « manque de considération », y voyant un symbole inquiétant : l’image médiatique primerait désormais sur le personnel qui fait tourner l’établissement jour après jour.
Pour le syndicat, cette éviction ressemble moins à une mesure professionnelle qu’à un « sacrifice offert à la pression médiatique et politique ». FO Justice apporte son soutien total à M. Brahimi et appelle les personnels du CPRV à un débrayage ce samedi matin dès 6 h 30 pour faire front. « Ce limogeage n’a rien d’une décision professionnelle : c’est un sacrifice offert à la pression médiatique et politique. Une injustice totale, maquillée en mesure d’autorité.»


