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jeudi 18 juillet 2024
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LES GRANDES DATES RENNAISES : L’INCENDIE DE 1720

Le 23 décembre 1720 (22 selon certains), selon la légende, rue Tristin (actuelle rue de l’Horloge), un menuisier ivre et irascible, Henri Boutrouel, renverse une chandelle dans son atelier durant une dispute conjugale ! « Ce qui enflamme les copeaux de bois au sol et la réserve de suif de l’atelier de bougie de sa femme », écrit Flavien Migniau, dans Rennes Populairea ux éditions Goater. « Le brasier se propage ensuite rapidement de maisons en maisons et de rues en rues par les toits. »

Attisé par le vent, propagé par l’étroitesse des rues et renforcé par les greniers pleins, le sinistre dure six jours, et ce malgré la démolition de maisons pour former un « glacis » protecteur. Le 29 décembre, il cessera par l’intervention divine de la pluie. « Huit hectares, soit 40 % de la ville, sont détruits (…). Dans 32 rues, environ 950 bâtiments (de bois et en torchis) ont brûlé jetant environ 8000 personnes à la rue. Heureusement, les morts ne sont quelques dizaines (jamais officialisé), la population ayant eu le temps d’évacuer les maisons. »

                            Les plus riches à la campagne

Les plus riches fuient dans leur domaine à la campagne. « Les moins construisent des baraques provisoires le long des remparts ou sur des terrains municipaux ou privés. La rue de la Visitation conserve encore aujourd’hui quelques exemples de ces petites maisons, notamment aux numéros 18 et 20 », précise Flavien Migniau. « Sur les deux rives de la Vilaine, ajoute Stéphane Blond (Université d’Evry-Val d’Essonne, des bâtiments préservés sont immédiatement réquisitionnés pour accueillir les populations, comme le palais du parlement et les différents couvents. »

Durant l’incendie, des bâtiments publics ne sont pas épargnés par les flammes « comme les halles de la Cohue, le présidial et le beffroi », mais aussi les églises Saint-Sauveur et Saint-James, l’hôtel d’Argentré ainsi que l’hôtel des monnaies. 1720 sera toutefois aussi la date du Rennes Moderne. « Les opérations de reconstruction commencent rapidement les années suivantes », note Flavien Migniau.

Les projets soutenus par l’ingénieur militaire Isaac Robelin (directeur des fortifications de la Bretagne) sont rejetés, c’est finalement Jacques Gabriel qui se charge de la rénovation de la ville.  Pour imaginer cet incendie, détour obligé à la basilique Saint-Sauveur où est accroché à gauche de la porte d’entrée un tableau intitulé Vœu des habitants de Rennes à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Beaucoup comparent ce drame à ce que vécut Londres en 1666. Pour en savoir plus, c’est ici ou ici. 

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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