À nouveau blessé devant le Bayern, Ousmane Dembélé traverse une mauvaise période. Le cœur sur la main, il a toujours tout fait pour sa mère, Fatimata. « C’est ma capitaine », confiait un jour le footballeur originaire de Vernon, formé au Stade Rennais. Depuis ses débuts sur les terrains bretons jusqu’aux projecteurs du PSG, elle l’accompagne, le conseille, le protège. Alors, quand elle fête ses 40 ans en 2017, le champion décide de marquer le coup et de lui verser une somme de 200 000 euros.
Ce geste, presque banal pour un joueur rémunéré huit millions d’euros par an, a pourtant attiré l’attention du fisc. Le virement a eu lieu six mois après la date d’anniversaire et a été effectué vers un compte non déclaré en Espagne. Surtout, Fatimata Dembélé occupait alors un poste officiel au sein de Waly Sport, société chargée de gérer l’image et les activités publiques de son fils, dont elle était directrice de la communication « sport ». Pour l’administration fiscale, ce n’était donc pas un simple « cadeau affectif », mais une rémunération professionnelle déguisée.
Lors de l’audience du 15 octobre 2025, le commissaire du gouvernement, Christophe Fraboulet, a estimé que « le règlement s’inscrivait dans le cadre d’un rapport d’affaires » entre la mère et le joueur. Dans son jugement rendu le 5 novembre 2025, le tribunal administratif de Rennes a confirmé cette analyse. « Compte tenu de la relation d’affaires existante (…), ont expliqué les magistrats, le crédit bancaire de 200 000 euros ne saurait être réputé comme ayant pour cause un prêt ou une libéralité échappant à l’impôt sur le revenu ». Avant d’ajouter : « aucun acte juridique ou probant » n’attestait de la cause du virement, effectué plusieurs mois après l’anniversaire et sur un compte étranger non déclaré.
« Mme A… n’établit pas que cette somme ne serait pas taxable. L’administration fiscale a pu ainsi, à bon droit, la taxer d’office en tant que revenu d’origine indéterminée ». Résultat : la mère du footballeur se voit confirmer une cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu et une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus pour l’année 2017, assorties d’une pénalité d’environ 2 000 euros. Pour le fisc, peu importent la notoriété ou les liens familiaux : un don reste imposable s’il s’apparente à un revenu professionnel. L’affaire est désormais close, sauf si la famille Dembélé décide de faire appel.


