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dimanche 21 avril 2024
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L’ANOREXIE PAR SOPHIE

« C’est mon histoire, mon témoignage, ma thérapie », avoue la Castelgironnaise, Sophie Pigasse, presque en s’excusant. « C’est aussi un message d’espoir ». En écrivant Faim de la vie. J’ai réduit l’anorexie en miettes, elle revient sur un épisode douloureux de son existence. « Je voulais montrer que l’on peut se sortir des TCA (troubles des conduites alimentaires) », assène-t-elle. 

Plus je maigrissais, plus je me trouvais belle. » 

En s’adressant aux millions de personnes touchées par l’anorexie, la boulimie et autres, cette mère de trois « ados » fait preuve d’empathie, de prévention et de sensibilisation. « Ces maladies surviennent durant l’adolescence », précise-t-elle. « Il n’y a pas d’explications finalement particulières. Elles peuvent être liées à un décès, à un mal-être… »  

Chez elle, le poids fut sans doute l’une des raisons. « Je me sentais trop grosse. Pourtant, je pesais 53 kilos pour 1 mètre 61 et il n’y avait rien de dramatique. » Brillante, elle éprouvait aussi un sentiment d’infériorité par rapport à son père, journaliste à La Manche Libre, et à son frère énarque, Mathieu, actionnaire du groupe Le Monde. « À table, ils ne parlaient que d’histoires et de politiques. » 

« Plus cette maladie est prise à temps, plus c’est facile d’en guérir

Adolescence, Sophie tombe malade à peu près à la même période que Solenn Poivre d’Arvor. « Je peux comprendre ce qu’elle a pu ressentir. Tout comme elle, j’aimais beaucoup lire et écrire. J’ai été très touchée par sa mort… Solenn Poivre d’Arvor était une jeune femme sensible, intelligente et idéaliste. » 

Au fil des pages, Sophie Pigasse livre ses émotions, ses peurs, ses craintes. « J’étais dans le déni durant plusieurs années, car je ne me sentais pas souffrante. Je me suis rendu compte de ma maigreur, au moment où je pesais 35 kilos. J’étais devenue l’ombre de moi-même. » Hospitalisée en urgence, elle s’en sort grâce à sa psychiatre, Brigitte Rémy. « C’est une femme en qui j’ai eu confiance ! Elle m’a suivie pendant quatorze ans de traitement. »  

Les amis, la lecture, l’écriture, la musique et en particulier Jean-Jacques Goldman m’ont fait un bien fou. »

Au fil des conversations avec ses lecteurs, Sophie Pigasse dénonce l’idéal de la minceur. « De plus en plus d’adolescentes cherchent à ressembler aux influenceuses au détriment de leur santé. » Face à ces comportements, elle veut désormais témoigner dans les écoles. « J’encourage aujourd’hui chacun à poser des questions, à exprimer leurs angoisses, à profiter de chaque moment de la vie. L’anorexie est une terrible et longue maladie. » 

Infos + : En France, plus d’un million de gens sont affectés par les TCA (500 000 de plus qu’avant la Covid !). « C’est la deuxième cause de mortalité précoce de 14 à 25 ans, touchant principalement des filles (90 %) », convient Sophie Pigasse. Ces troubles ont explosé après la pandémie. « Durant la Covid, beaucoup de personnes m’ont parlé de la mort de leurs enfants, sans savoir que je fus moi-même atteinte par cette maladie. »  Après avoir donné des conseils aux familles, Sophie Pigasse a mis des mots sur les maux en écrivant son ouvrage. Pour tous renseignements : Solidarité Anorexie Boulimie d’Ille-et-Vilaine (SAB 35). 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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