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jeudi 10 septembre 2026
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Immobilier : Rennes résiste, le littoral brétillien joue aux montagnes russes

Après plusieurs années mouvementées, l’immobilier retrouve quelques couleurs en Ille-et-Vilaine qui résiste mieux que ses voisins bretons. À Rennes, les maisons repartent à la hausse pour les maisons. Mais les écarts entre quartiers deviennent considérables. Sur le littoral, Saint-Briac reste hors catégorie tandis que Saint-Lunaire flambe et Saint-Coulomb décroche légèrement.

Sur l’ensemble de la Bretagne historique étudiée par la Chambre des notaires de l’Ouest, les transactions ont reculé de 16,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Sur douze mois, la baisse se limite toutefois à 3,2 %. Pour Me Alain Gautron, président de la Chambre des notaires de l’Ouest, ce contraste entre des prix qui résistent et des ventes moins nombreuses dessine « un marché prudent, où acheteurs et vendeurs prennent le temps de la décision ». Dans ce paysage hésitant, l’Ille-et-Vilaine fait figure de département résistant. Sur douze mois glissants, il est même le seul de la Bretagne historique à afficher encore une légère progression du nombre de transactions : +0,4 %, avec 18 294 ventes. Le deuxième trimestre a toutefois marqué un coup de frein, avec un recul de 11,7 %.

En Ille-et-Vilaine, les prix continuent de progresser, quel que soit le type de bien. Un appartement ancien se vend désormais 3 440 euros le m² en médiane, soit 2,4 % de plus qu’un an auparavant. Dans le neuf, il faut compter 4 670 euros le m² (+2,8 %). Tandis que le prix médian d’une maison ancienne atteint 246 400 euros (+2,6 %). Même tendance pour les terrains à bâtir : 146 euros le m², en hausse de 3,8 %. Mais si les prix montent, les ventes, elles, diminuent. Au deuxième trimestre 2026, il s’est vendu 15 % d’appartements anciens en moins qu’un an auparavant, 10,2 % d’appartements neufs en moins et 13,9 % de maisons anciennes en moins.

Une seule catégorie échappe à ce ralentissement : les terrains à bâtir, dont les ventes progressent de 9,1 %. Reste que le prix d’un terrain varie énormément selon l’endroit où l’on souhaite construire. Sur le littoral, entre Saint-Briac-sur-Mer et Roz-sur-Couesnon, il atteint 332 euros le m². Dans Rennes Métropole, il tourne autour de 202 euros. En première couronne rennaise, il grimpe à 281 euros. Beaucoup plus loin de Rennes et de la côte, les tarifs s’effondrent : 49 euros le m² dans le bassin de Redon et seulement 43 euros dans le Coglais.

Rennes : Thabor en haut, Blosne et Bréquigny plus accessibles

À Rennes même, l’appartement ancien fait presque du surplace : 3 660 euros le m², +0,3 % sur un an. Le neuf évolue à peine davantage, soit 5 420 euros (+0,4 %). La maison, en revanche, progresse nettement : 450 000 euros en prix médian, soit +4,8 %. Mais derrière cette moyenne rennaise se cachent plusieurs villes dans la ville. Le secteur Thabor-Saint-Hélier demeure l’un des plus huppés : 4 130 euros le m² dans l’ancien et 660 400 euros pour une maison. Il progresse encore de 1,6 % pour les appartements et de 4,8 % pour les maisons. À Cleunay-Arsenal-Redon, l’appartement ancien reste cher, à 4 170 euros le m². En revanche, le prix des maisons chute nettement : 390 000 euros en médiane, soit une baisse de 18,9 % en un an. Ce recul peut ouvrir des marges de négociation, à condition de regarder précisément la nature et l’état des biens vendus. Le centre-ville, à 4 040 euros le m², recule légèrement de 1 %. Cela n’en fait pas un secteur bon marché, mais c’est l’un des rares quartiers centraux à baisser.

Autre secteur à surveiller : Nord Saint-Martin. À 3 970 euros le m², les appartements anciens y bondissent de 8,5 %, soit la plus forte hausse du tableau rennais. Les maisons y atteignent 450 000 euros, en hausse de 5,9 %. Plus loin, Sud-Gare reste également très dynamique : 3 540 euros le m² dans l’ancien (+4,4 %) et 480 000 euros pour une maison (+4,3 %). Même tendance à Maurepas-Patton-Les Gayeulles, où l’ancien progresse de 3,4 %, à 3 500 euros le m², tandis que les maisons atteignent 406 300 euros (+2,2 %).  À l’inverse, Beaulieu-Baud marque le pas. L’ancien y recule de 3,6 %, à 3 690 euros le m². Dans le neuf, la baisse est beaucoup plus forte : -10,5 %, à 5 390 euros le m². Les maisons restent cependant chères, à 510 700 euros, et continuent de progresser de 4,7 %. Pour ceux qui cherchent en revanche des prix plus accessibles, Le Blosne est de loin le secteur le moins cher du tableau, à 2 140 euros le m² dans l’ancien, avec une quasi-stabilité (-0,1 %). Bréquigny suit à 2 540 euros (-0,9 %), Villejean-Beauregard se situe à 3 150 euros (+2,3 %) et Francisco-Ferrer-Vern-Poterie à 3 250 euros (+0,9 %). En clair, pour gagner en surface sans quitter Rennes, ce sont aujourd’hui les secteurs où le ticket d’entrée est le moins élevé.

Sur le littoral, Saint-Briac reste hors catégorie

À une heure de Rennes, la hiérarchie change complètement. Le littoral brétillien conserve des niveaux de prix élevés. Saint-Briac-sur-Mer domine largement, avec un prix médian de 726 900 euros pour une maison. Saint-Lunaire atteint 542 400 euros et Dinard 480 000 euros. Saint-Malo suit à 418 500 euros. Mais le marché côtier ne monte plus partout. Saint-Lunaire s’envole de 18,5 % et Dinard de 8,4 %, tandis que Saint-Malo recule légèrement de 1 %. Saint-Coulomb connaît une correction beaucoup plus spectaculaire : -15,9 %, avec un prix médian de 378 400 euros. Cancale progresse de 1,8 %, à 343 500 euros, tandis que Saint-Méloir-des-Ondes recule de 5,3 %, Pleurtuit de 0,2 % et La Fresnais de 12,2 %. Sur ce littoral, les « affaires » sont donc très relatives. La Fresnais, à 205 500 euros, Pleurtuit à 307 500 euros et Saint-Méloir-des-Ondes à 310 000 euros restent nettement plus accessibles que Dinard, Saint-Lunaire ou Saint-Briac. « Les acheteurs du bord de mer viennent plus souvent de l’extérieur de la région, sont généralement plus âgés ou déjà retraités et appartiennent davantage aux catégories socioprofessionnelles supérieures. Cette clientèle contribue à maintenir les prix à des niveaux élevés », soulignent les notaires.

Le baromètre montre finalement à quel point la notion de « marché immobilier rennais » ou « brétillien » devient trompeuse. Entre 2 140 euros le m² au Blosne et 4 170 euros à Cleunay-Arsenal-Redon, le prix d’un appartement ancien varie presque du simple au double. Pour les maisons, l’écart est tout aussi spectaculaire entre certains quartiers rennais et le littoral, où Saint-Briac approche les 727 000 euros de prix médian. Après les grandes hausses des dernières années, l’heure est davantage à la sélection. Les quartiers les plus recherchés conservent leur valeur, mais des baisses ponctuelles apparaissent ailleurs. C’est précisément dans ces corrections que peuvent se créer les marges de négociation les plus intéressantes.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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