Pas question pour les supporters marseillais de circuler librement dans Rennes avec écharpes, maillots ou drapeaux aux couleurs de l’OM. À l’occasion du choc entre le Stade Rennais et Marseille, ce vendredi 11 septembre, la préfecture met en place un dispositif particulièrement strict, les précédentes rencontres entre les deux clubs ayant laissé quelques traces.
Vendredi 11 septembre, à 20 h 45, le Stade Rennais reçoit l’Olympique de Marseille au Roazhon Park pour le compte de la quatrième journée de Ligue 1. L’affiche devrait se disputer à guichets fermés. Mais avant même le coup d’envoi, les autorités se préparent à une rencontre sensible. Dans un arrêté pris le 7 septembre, la préfecture d’Ille-et-Vilaine met en avant « un risque avéré de troubles à l’ordre public ». La Division nationale de lutte contre le hooliganisme a d’ailleurs classé la rencontre au niveau 2, correspondant à « un contexte dégradé susceptible de générer des comportements déviants » de la part des supporters.
Pas de maillot ou d’écharpe de l’OM en ville
Les restrictions commenceront dès 15 h vendredi et resteront en vigueur jusqu’à 2 h du matin samedi. Durant cette période, les supporters de l’Olympique de Marseille ne pourront pas afficher leur appartenance au club dans Rennes, en dehors du Roazhon Park. Concrètement, il leur sera interdit de porter une écharpe, un vêtement ou un insigne, ou encore de déployer un drapeau permettant de les identifier comme supporters marseillais. Les fans de l’OM disposant d’un billet devront par ailleurs respecter un dispositif particulier pour accéder au stade. Un point de rendez-vous, dont l’heure et le lieu seront communiqués au club marseillais, sera fixé par les services de police. Les supporters qui se présenteront directement au Roazhon Park sans être passés par ce rendez-vous ne seront pas acceptés dans l’enceinte.
Pour les groupes arrivant en bus ou en minibus, le trajet entre ce point de rassemblement et le stade sera effectué sous escorte des forces de l’ordre. Ceux venant en voiture particulière rejoindront ensuite le Roazhon Park sans accompagnement policier. Pour justifier ces mesures, la préfecture revient longuement sur les tensions entre ultras rennais et marseillais au cours des dernières années. Elle rappelle notamment les événements du 10 janvier 2020. Après un but de Marseille, une quinzaine d’ultras du Roazhon Celtic Kop s’en étaient pris à des supporters marseillais qui célébraient l’ouverture du score. À la sortie du stade, les tensions avaient repris. Selon l’arrêté, une centaine d’ultras rennais s’étaient alors attaqués à des supporters olympiens se dirigeant vers les parkings situés au sud de la Vilaine. Les forces de l’ordre avaient dû intervenir sur plusieurs rixes jusqu’après minuit.
Autre précédent cité : le 14 mai 2022. Environ 1 200 supporters rennais avaient participé à une marche vers le stade à l’appel du RCK. À l’approche du Roazhon Park, les forces de l’ordre avaient dû empêcher un contact entre les deux camps après des provocations réciproques. Des échauffourées avaient également éclaté près des locaux du Roazhon Celtic Kop après l’arrivée d’une cinquantaine de Marseillais. Les policiers avaient essuyé des jets de projectiles avant de faire usage de gaz lacrymogènes. Après la rencontre, d’autres incidents avaient encore été signalés. Un groupe d’ultras rennais s’était notamment lancé à l’assaut de deux minibus qui repartaient vers la rocade. Dans sa fuite, l’un des véhicules avait heurté une voiture de police.
Pétards, fumigènes et projectiles interdits
Au passage, la préfecture souligne un fait : des supporters marseillais ont l’habitude de se regrouper à l’entrée du parking visiteurs pour récupérer des billets prépayés ou tenter d’en acheter auprès de revendeurs illégaux. Des rassemblements considérés comme susceptibles de provoquer de nouveaux troubles. Dans le périmètre concerné par l’arrêté, comme dans le stade et à ses abords, seront également interdits les pétards, fumigènes, objets susceptibles de servir de projectiles ainsi que les drapeaux ou banderoles comportant des messages appelant à la provocation, à la violence ou à la haine. L’utilisation sans autorisation d’articles pyrotechniques sera en outre prohibée vendredi, de 15 h à 23 h 59, sur la voie publique rennaise.
Pour info, les forces de l’ordre restent mobilisées dans le cadre du plan Vigipirate et sont quotidiennement engagées dans les quartiers rennais dans la lutte contre la délinquance liée au trafic de stupéfiants. Pour la préfecture, leur mobilisation, même importante, ne permettrait pas à elle seule d’empêcher tous les affrontements susceptibles de survenir en différents points de la ville. Vendredi, le choc entre Rennes et Marseille commencera donc bien avant le coup de sifflet de 20 h 45.


