Une semaine après la fermeture brutale de The Land School of Management à Rennes (voir notre article), la situation commence à se dénouer pour les apprentis. Selon un communiqué de la préfecture de la région Bretagne, 160 des 167 jeunes recensés qui disposaient d’un contrat d’apprentissage dans cet établissement ont été identifiés comme repositionnés dans un autre centre de formation. Les services de l’État poursuivent leurs vérifications pour s’assurer qu’aucun n’est laissé sur le bord de la route.
Le retour au réel avait été brutal. Le 1er septembre, The Land School of Management cessait son activité, laissant des étudiants sans formation à quelques jours de la rentrée et des salariés sur le carreau. Ce mercredi 9 septembre, la préfecture de la région Bretagne fait le point sur la situation des apprentis. « Les services de l’État en Bretagne sont pleinement mobilisés depuis la fermeture du CFA “The Land Management School” pour garantir la continuité du parcours de formation de chaque apprenti concerné », assure l’autorité préfectorale.
D’après nos informations, une cellule dédiée a été mise en place dans le cadre de l’instruction nationale relative à l’accompagnement des jeunes en cas de défaillance d’un organisme de formation. Elle coordonne depuis plusieurs semaines les différents acteurs concernés : Région, CFA partenaires, opérateurs de l’apprentissage, entreprises et service public de l’emploi.
160 apprentis repositionnés
Selon le bilan communiqué par la préfecture, 167 jeunes disposant d’un contrat d’apprentissage ont été recensés. Parmi eux, « 160 apprentis ont d’ores et déjà été identifiés comme repositionnés dans un autre centre de formation. Un travail de vérification reste en cours pour s’assurer qu’aucune situation individuelle n’est laissée de côté, en lien avec les partenaires locaux. » À ce stade, le communiqué ne permet donc pas de conclure que les sept autres jeunes sont nécessairement sans solution : leur situation reste à vérifier.
Ce bilan marque néanmoins une évolution importante depuis les premiers jours suivant la fermeture, lorsque l’inquiétude dominait chez les étudiants et leurs familles. Il intervient après l’effondrement d’un établissement qui affichait encore récemment de grandes ambitions. The Land voulait former les « leaders du réel » et avait notamment annoncé une alliance internationale entre Rennes, Bruxelles et Abu Dhabi. L’école mettait en avant « la vision », « l’envie », la « congruence » ou encore la capacité de ses étudiants à « s’adapter ».
Des ambitions au brutal retour au réel
L’adaptation s’est finalement imposée à ses propres élèves. Le 31 août, faute d’un nombre suffisant d’inscrits, le conseil d’administration décidait la cessation d’activité de The Land School of Management. Les étudiants en avaient été informés par mail. À sa création, le campus d’enseignement supérieur accueillait environ 400 étudiants à Rennes, répartis dans trois écoles. Quelques années plus tard, les effectifs avaient considérablement diminué, malgré la multiplication des formations proposées.
Les difficultés financières s’étaient également accumulées. Un déficit de 1,2 million d’euros avait notamment été annoncé lors d’un CSE en août 2025. D’anciens salariés avaient par ailleurs témoigné dans plusieurs médias locaux des changements de stratégie et de direction intervenus au cours des dernières années. Les tensions autour de l’univers The Land ne dataient d’ailleurs pas de cette rentrée. Dès mars 2024, Rennes Infos Autrement avait relaté la grève des personnels des lycées agricoles Saint-Exupéry. Des enseignants dénonçaient des « dysfonctionnements » et contestaient le management de Jean-Marc Esnault. Ces établissements ont depuis quitté le giron du pôle d’enseignement supérieur et ne sont pas concernés par la cessation d’activité actuelle.
Une semaine après la fermeture, l’urgence reste de régler les dernières situations. La préfecture invite toute personne — jeune, famille, entreprise ou partenaire — souhaitant signaler un dossier non résolu à contacter la cellule à [email protected] ou [email protected]. « Ce travail se poursuit en lien étroit avec l’ensemble des réseaux de la formation professionnelle », précise-t-elle, avec l’objectif de « garantir à chaque jeune une solution concrète de poursuite de son parcours de formation ». Pour The Land, qui ambitionnait encore récemment de former des professionnels capables de s’adapter aux bouleversements du monde, l’épilogue conserve une certaine ironie. Ce sont finalement ses apprentis qui auront dû, en quelques jours et en pleine rentrée, faire preuve de cette capacité d’adaptation.


