Le site millénaire et légendaire de la Roche aux Fées (Essé, 35) est victime de « profondes fissures », selon un rapport de l’association écologiste Nature en ville. Cette dernière accuse la route voisine, et les vibrations engendrées par la circulation.
« Nous avons constaté le 15 août dernier, que l’une des deux pierres d’appuis du site de La Roche aux Fées, sur lesquelles repose la pierre longue d’entrée, présente de profondes fissures traversantes, de part en part », alerte Pascal Branchu, président de l’association La Nature en Ville. « Ces fissures sont récentes et très inquiétantes car le dolmen semble à présent en péril« , ajoute-t-il.
L’association a alors sollicité « en urgence » la préfecture ainsi que les instances politiques locales. « Vu l’état de péril, l’accès en sécurité sous le dolmen est présentement questionné », précise Pascal Branchu qui ne tient pas à ce que le plus grand site mégalithique d’allée couverte de France s’écroule.
La route en cause ?
Pour aller plus loin, l’association propose d’éloigner toutes les activités touristiques afin de limiter le piétinement, et suggère « que la RD341 passe provisoirement en zone 30 avec un tonnage limité aux seuls véhicules légers ». Souvent dans le collimateur de Pascal Branchu, le permis d’aménager le site demandé par la mairie d’Essé pour accueillir les touristes devrait -selon lui- être suspendu le temps d’une enquête approfondie. Une manifestation « à bonne distance du dolmen » est prévue le 24 août prochain à 11h.
« Le Dolmen semble en péril »
Le Département et la Préfecture étudient le dossier
Le Président du département d’Ille-et-Vilaine, conscient que le site de la Roche aux Fées est « strictement protégé au titre des monuments historiques » (il est d’ailleurs l’un des tous premiers monument classés, dès 1840), s’est rendu sur place en compagnie des acteurs locaux et a effectivement constaté cette fissure. « L’origine reste à déterminer tout comme sa datation », modère-t-il, en insistant sur le fait que la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), en toute compétence, « étudie toutes les mesures à effectuer afin de déterminer la sensibilité du mégalithe à d’éventuels phénomènes vibratoires ».
De son côté, la préfecture d’Ille-et-Vilaine assure que « La demande de l’association Nature en Ville visant à déposer un recours en annulation et en suspension contre le permis d’aménager délivré par le maire d’Essé est en cours d’analyse. »


