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FAUT-IL ARMER LA POLICE MUNICIPALE LA NUIT ? 

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Face à la montée des violences et de la délinquance quotidienne à Rennes, la police municipale est étendue jusqu’à 2 h 30 du matin dans le centre-ville, annonce la métropole. Mais cette extension n’est pas “sécurisée” pour le centre-droit et l’opposition de droite rennaise, conduits par Charles Compagnon. “Le travail de nuit est un travail particulièrement risqué et malheureusement nous ne pouvons que regretter que les agents ne soient pas, par dogmatisme, suffisamment équipés pour assurer leur propre sécurité”, explique Charles Compagnon, porte-parole de l’opposition.

Chez les syndicalistes, le syndicat FO ville de Rennes exprime lui aussi très clairement son mécontentement. “Les conditions de sécurité ne sont pas rassemblées pour l’extension des horaires”, explique Jérôme Jourdan, secrétaire du syndicat FO. “Les policiers municipaux rennais doivent disposer individuellement de lacrymogènes et d’un bâton de défense, or aujourd’hui 30% des effectifs n’en sont pas dotés, soit par l’absence de formations obligatoires ou de publication d’arrêtés individuels de port d’armes. La maire doit être garante de la sécurité de ses agents. Le travail de nuit de minuit à 2h30 du matin sera particulièrement exposant en terme de risque avec la fermeture des débits de boissons à 1h du matin.” 

Le syndicat FO se portera partie civile pour mise en danger d’autrui, si un agent ne disposant pas de sa totalité de moyen de défense devrait être blessé.” Jérôme Jourdan.

Devant cette situation,  le syndicat FO est pour l’extension des horaires à condition que l’intégralité des agents disposent de la totalité de moyens de défense et de riposte. “Le syndicat FO sollicitera l’intervention du ministre de l’intérieur s’il le faut, comme nous l’avons fait le 1er, afin que tous les agents de police municipale de Rennes puissent disposer de leur dotation de défense.” Un avis pas du tout partagé par le syndicat SUD, représenté par Stéphane Morandeau. “Notre syndicat refuse l’évolution de la police municipale de tranquillité publique vers une police de sécurité publique qui suppléerait au manque de moyens de la police nationale (seule en charge d’exercer les fonctions régaliennes de maintien de l’ordre public). Il réaffirme son opposition de principe à l’armement des policiers municipaux dans les collectivités territoriales. Il appartient à la mairie, en qualité d’employeur, de mettre tout en œuvre pour assurer au quotidien la sécurité des personnels dans leurs missions et de ne pas les exposer à des risques supplémentaires.”

En mars dernier, aux micros de France 3 Bretagne, la maire Nathalie Appéré était restée droite dans ses bottes sur l’armement des policiers municipaux.”La police municipale n’est pas une police d’intervention. (…) Les policiers municipaux n’ont pas les moyens juridiquement d’être le bras armé de la lutte contre les trafics de stupéfiants”, avait-elle déclaré. « la question des armes létales n’est pas négociable, c’est non ». Depuis septembre, les policiers municipaux rennais sont plus nombreux. Leurs effectifs sont passés de 75 à 115  agents-  et sont équipés de pistolets à impulsion électrique. 

Des premières virées nocturnes très agitées

Lors des premières virées nocturnes de la police municipale, le vendredi 12 novembre, lors d’une intervention à 22h au parc de la Touche (quartier Saint-Martin) pour consommation de cannabis, les policiers municipaux ont découvert une arme à feu à la ceinture sur un consommateur. “Le pistolet de marque Browning calibre 9mm était chargé avec des balles à blanc (ces munitions étant très dangereuses à bout portant). Le détenteur de l’arme était transporté au commissariat central”, confie Jérôme Jourdan.

Un jour plus tard, samedi 13 novembre, à 1h du matin, les policiers municipaux ont renforcé un équipage de la Police nationale, pris à partie par un groupe d’individu place Hoche. En se dirigeant sur place, à hauteur de la rue d’Antrain et du passage des Carmélites, les six premiers policiers municipaux ont subi des jets de projectiles (bouteilles de verres, etc…). “Il aura fallu l’arrivée supplémentaire de 2 équipages véhiculés de police municipale pour que les collègues sur place puissent s’extraire et regagner leurs véhicules. Au total, sur les 15 agents engagés cette nuit-là, 5 étaient non armés faute d’habilitation de port d’arme. Par chance une fois de plus, aucun blessé n’est à déplorer. Mais nous ne pouvons pas compter perpétuellement sur cette chance pour que les policiers municipaux rennais puissent regagner leurs foyers dans toutes leur intégrité physique.”

Faut-il une brigade de nuit ? “Cette extension des horaires n’est pas la brigade de nuit promise par Nathalie Appéré : ni sur le plan des horaires, ni sur le plan géographique puisque qu’elle ne concerne que le centre-ville”, explique Charles Compagnon. “Cette décision n’est pas suffisante, tant pour les agents qui souhaitaient dans leur grande majorité une brigade de nuit, que pour les Rennaises et les Rennais des quartiers qui auront une nouvelle fois le sentiment d’être abandonnés Ailleurs en France, de nombreuses grandes villes ont organisé des brigades de nuit avec leur police municipale. Pourquoi ce qui est possible ailleurs, ne l’est pas à Rennes ? Pourquoi, après 20h, les policiers municipaux n’ont-ils toujours pas le droit d’aller dans les autres quartiers de Rennes ?” La mairie a toujours un train de retard sur la sécurité au détriment de la tranquillité des Rennaises et des Rennais, encore une fois cette annonce, dont on aurait pu satisfaire il y a 10 ans, démontre le retard permanent de cette majorité sur les questions de tranquillité publique.” 

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jean-christophe collet

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