L’été n’a pas toujours rimé avec départs au bord de la mer. En juillet 1920, alors que les congés payés n’existent pas encore et que les colonies de vacances restent réservées à une partie des enfants, beaucoup de jeunes Rennais passent les beaux jours en ville. Dans son édition du 22 juillet 1920, le quotidien L‘Ouest-Eclair lance un appel aussi simple que touchant sous un titre sans détour. « Pour les petits enfants qui n’iront pas en vacances… ». Le sous-titre résume l’ambition : « Des jeux, des jouets, des promenades. »
Le journaliste pense à ces enfants qui « resteront à Rennes pendant la longue canicule de l’été », parce que leurs parents n’ont pas les moyens de les envoyer à la campagne ou au bord de la mer, ou parce que leur travail les retient en ville. Plutôt que de s’en tenir au constat, L’Ouest-Éclair décide d’agir. Le journal invite les Rennais à faire preuve de générosité en offrant des jouets, des livres, des jeux ou même simplement un peu de leur temps. Une promenade, une sortie ou une après-midi passée avec un enfant peuvent, écrit-il en substance, transformer un été.
Le quotidien sollicite au passage les commerçants, les familles et toutes les bonnes volontés. Plus d’un siècle nous sépare de ces lignes, mais leur message reste étonnamment actuel. Les difficultés ont changé de visage, les vacances se sont démocratisées, mais chaque été encore, de nombreuses familles renoncent à partir pour des raisons financières.
Le plus émouvant est sans doute la conclusion du journaliste. Il s’adresse directement aux jeunes lecteurs de L’Ouest-Éclair, leur demandant de penser à leurs camarades moins chanceux. En relisant cette page jaunie du 22 juillet 1920, on découvre une autre facette de la presse régionale. À l’époque, L’Ouest-Éclair n’était pas seulement un témoin de son temps : il cherchait aussi à mobiliser les Rennais autour d’une idée simple, presque intemporelle. Les plus belles vacances sont parfois celles que l’on aide les autres à vivre.


