Alban L., 33 ans, n’est pas tendre avec ses proches. Entre le 8 mai et le 2 juin 2026, il aurait notamment poussé, frappé et étranglé sa compagne avant de l’emmener de force faire des analyses toxicologiques. Ces violences ont entraîné 31 jours d’incapacité totale de travail.
Le 9 mai, Alban L. et sa compagne passent la soirée dans un bowling avec le fils de l’homme, âgé de 7 ans, et des amis. Après avoir consommé de l’alcool et perdu une partie, l’irascible père de famille s’énerve en sortant de l’établissement. Il frappe à plusieurs reprises dans un panneau de signalisation. Sa compagne tente de le calmer. mais tout part à vau-l’eau. Sur le chemin du retour, Alban L. continue d’insulter sa compagne, la qualifiant notamment de « grosse tarée » et de « grosse débile ».
« J’avais l’impression de mourir, de rejoindre ma mamie », déclarera-t-elle à son médecin.
Le 1er juin, une nouvelle dispute éclate entre les deux. Alban L. se met en colère après que l’une des amies de sa compagne lui a offert des fleurs et lui a tressé les cheveux. La dispute dégénère en violences. Sa compagne est projetée au sol, frappée et étranglée. Son examen médical fait état d’un hématome au cuir chevelu et à la gorge, d’un œdème au visage, de nombreuses ecchymoses et de plusieurs lésions cervicales. Elle sera conduite à l’hôpital.
Le lendemain, le 2 juin, la victime dort chez des proches. «Ils ne sont pas des gens fréquentables parce qu’ils se droguent », estime Alban L.. Arrivé chez eux, il emmène de force son amie dans un laboratoire afin de vérifier qu’elle n’a pas consommé de stupéfiants. Devant l’établissement, il l’insulte encore une fois. À la suite de ces méfaits, Alban L. est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec sa compagne. Le 19 juillet 2026, cette mesure est levée après qu’un contact ait été établi entre les deux.
« C’est une sale droguée, une grosse gamine schizophrène et une sale p*** ».
Ce lundi 7 septembre, alors qu’il comparaît devant le tribunal judiciaire de Rennes, Alban L. semble minimiser les faits qui lui sont reprochés. «Mon comportement n’est pas bon », reconnait-il, avant d’ajouter que « tout ce qui est dit n’est pas vrai ». À l’écoute du récit des violences, il réagit avec sarcasme. « C’est une sacrée scène ! Mais ça n’est jamais arrivé. Oui, je l’ai prise par les épaules mais, je vous le dis honnêtement, elle ne s’est jamais pris de table ». Il reconnaît toutefois avoir des problèmes avec l’alcool.
Son casier judiciaire comporte trois mentions, notamment pour des faits de violences et de conduite en état d’ivresse, avec récidive. Devant la juridiction, il tente de se défendre. « Je vais tout faire pour montrer à la justice que je suis prêt à changer et à respecter ses décisions. » À la barre, l’avocate de la partie civile raconte le calvaire de la victime, présente à l’audience. « Cette relation fut relativement courte, à peine six mois, et pourtant il y a eu beaucoup de sacrées scènes », souligne-t-elle en reprenant les propos du prévenu.
Et d’ajouter : «Alban L. exerçait sur sa compagne un mécanisme d’emprise », marqué par « un isolement social important » et « un contrôle vestimentaire régulier ». Il reconnait mais minimise par une inversion de la responsabilité. On a l’impression que c’est la faute de tout le monde mais pas de la sienne ».
Le procureur requiert deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis, ainsi qu’une interdiction de se rendre au domicile de la victime et d’entrer en contact avec elle. Il demande également son indemnisation et cinq ans d’inéligibilité. En réponse, l’avocat de la défense ne plaide pas l’innocence de son client. Face aux juges, il dira : « C’est trop compliqué à assumer encore pour lui et ce n’est pas deux mois allongé sur un matelas en prison qui lui permet d’avancer», plaide-t-il, avant de demander « un sursis probatoire renforcé ».
Alban L. est finalement reconnu coupable et condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis probatoire. Il devra se soigner et n’aura pas le droit de se rendre au domicile de la victime ni d’entrer en contact avec elle. Il est également condamné à trois ans d’inéligibilité.


