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mardi 21 mai 2024
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DE PLUS EN PLUS D’INCIVILITÉS ENVERS LES PHARMACIENS

Pharmacienne du centre-ville, elle était récemment de garde. Durant près de quarante-cinq minutes, elle a vécu l’enfer. Durant près de quarante-cinq minutes, elle a été insultée par un homme qui voulait des médicaments (Tramadol) sans ordonnance. Devant cette violence (son client s’est déshabillé pour montrer une blessure), elle a été obligée d’appeler les policiers. « Ce n’est pas la première fois que je suis agressée ! On travaille dans la peur, au point de désirer quitter le métier », assure-t-elle.

Non loin, une autre pharmacien a embauché un vigile pour éviter les vols. « Sans ce gros bras, nous aurions du mal à faire face », affirme une employée, en aparté. Des exemples comme ceux-ci sont nombreux. « De tels faits sont de plus en plus déclarés sur notre plateforme », explique le président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens de Bretagne, Jean-François Guillerm. « Ils ne sont pas nécessairement graves, mais ils sont inquiétants. Il y a un une escalade des agressions et des incivilités depuis quelques mois maintenant et notamment depuis la Covid. L’exigence et l’impatience des gens ne cessent de croître sur toute la Bretagne. C’est très étrange. » 

Partout, en Bretagne, des méfaits sont enregistrés. « Ils sont plus nombreux dans les grandes villes. Mais les zones rurales commencent à être touchées. Nous rencontrons en particulier de plus en plus de jeunes personnes avec de fausses ordonnances de codéine (sirop contre la toux). À défaut de recevoir ce qu’ils veulent, ils agressent nos préparateurs, nos collègues. » Contre les agressions (au comptoir) et les cambriolages, la profession cherche à améliorer la sécurité des locaux et des professionnels. « Nous effectuons un vrai travail en collaboration avec la police, la gendarmerie, comme l’ont fait naguère les buralistes, les bijoutiers. Nous comptons développer les rondes des forces de l’ordre auprès des officines de garde ou encore systématiser la délivrance de médicaments dans des guichets de garde. il y a tout un volet sécuritaire à approfondir incontestablement dans une réflexion globale. » 

Même les pharmaciens, dans leur profession, ne sont plus protégés », explique Jean-François Guillerm. 

En France, le constat est le même en 2023 selon le baromètre de sécurité du Conseil national de l’ordre des pharmaciens. «Cette année, les 475 agressions comptabilisées traduisent une augmentation de près de 30 % par rapport à l’année précédente », confie un communiqué du Conseil. « En officine, la majorité des déclarations fait état, comme en 2022, de menaces, d’injures ou encore violences physiques principalement motivées par des refus de dispensation. En 2023, 40 % des déclarations concernent des vols pour se procurer de l’argent, des produits pharmaceutiques ou parapharmaceutiques. »

Si 3/4 des agressions se déroulent pendant les horaires d’ouverture, leur nombre a doublé pendant les gardes en 5 ans. « Entre juin et juillet 2023, période des émeutes urbaines, 64 actes de vandalisme ont été portés à notre connaissance.  Sur les 55 officines et les 9 laboratoires de biologie médicale touchés, seules 26 structures ont notifié cette agression sur le site de l’Ordre des pharmaciens. Les 38 autres ont été identifiés grâce aux remontées des acteurs du terrain. ». 

Pas assez de plaintes

Comme l’année précédente, seulement un tiers des pharmaciens ont porté plainte dans des commissariats, des gendarmeries. Pourtant, le dépôt de plainte est essentiel pour déclencher une procédure judiciaire et, si besoin, permettre de protéger les officines et de disposer d’une connaissance toujours plus précise d’un phénomène préoccupant. « Cela nous permet de mettre en place une politique volontariste pour contribuer à la protection de tous», explique Jean-François Guillerm. « Chaque fait ne doit pas rester impuni. Il ne peut être banalisé. Les pharmaciens ne doivent pas avoir peur de porter plainte. » Pour rappel, les professionnels peuvent bénéficier d’un soutien psychologique en prenant contact avec des bénévoles de l’association ADOP (Aide et dispositif d’orientation des Pharmaciens) : un numéro vert (0800 73 69 59), accessible 7j/7, de 6 h à minuit.

Les chiffres clés du bilan 2023 : 475 agressions recensées en 2023, 40 % d’augmentation des déclarations en 5 ans, 97 % des violences ont eu lieu en officine, 60 % d’atteintes aux personnes (injures, menaces…), 75 % des agressions se déroulent pendant les heures d’ouverture et 60 % des cambriolages sont pratiqués durant la fermeture. 

Infos + : « Ce bilan et le constat qu’il dévoile renforcent notre détermination à agir, en étroite concertation avec les pouvoirs publics, pour préserver la sécurité de celles et ceux qui prennent soin des autres. Je tiens particulièrement à saluer la mobilisation des parlementaires qui se sont emparés de cette question et concrétisent en ce moment même un projet de loi. C’est une étape supplémentaire qui va dans le bon sens », déclare Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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