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dimanche 14 juillet 2024
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DE NOMBREUX APPELS CHEZ LES VÉTOS : LES PROPRIÉTAIRES D’ANIMAUX PASSENT PLUS DE TEMPS À OBSERVER LEUR ANIMAL !

Jenny Hameurt, dans le Sud de Rennes, est secrétaire générale de l’ordre régional des vétérinaires. Comme ses confrères et consœurs, elle poursuit son activité pour maintenir le bien-être animal. « Covid-19 oblige, on connaît une baisse d’activité significative », reconnaît-elle. « Les gens respectent les consignes de rester chez eux. Mais nous recevons toutefois beaucoup d’appels téléphoniques. »

Pas de téléconsultation

Sans se déplacer, les propriétaires d’animaux n’hésitent pas à appeler les soignants. « Comme ils l’ont toujours fait ! Au regard des symptômes, nous essaierons de déterminer si l’animal a besoin d’une consultation », assure la secrétaire générale. Mais pas de téléconsultations pour les vétérinaires ! « L’Ordre nous l’interdit », confie Jenny Hameurt. « Cette pratique n’est pas encadrée, pour le moment. Des réflexions sont toutefois en cours pour l’organiser. » En revanche, les maîtres envoient beaucoup de photos. « Malheureusement, c’est toujours extrêmement compliqué de donner un avis sur des clichés. »

Mais à la différence du monde médical où les patients ne se rendent parfois plus chez le médecin par peur du Covid-19, aucun propriétaire d’animal ne tarde à venir. « En revanche, nous sommes sollicités pour des cas moins graves dans la mesure où le propriétaire confiné chez lui passe plus de temps à observer son animal : il sera peut-être alerté par des signaux qu’il n’aurait pas auparavant remarqués. Nous avons moins d’activités mais plus d’appels qu’hier. »

 La permanence des soins

Pour les cas graves, les vétérinaires assurent l’impossible. « Nous sommes des professionnels travaillant en respectant un code de déontologie. Nous devons répondre aux urgences à toute heure de la journée et de la nuit et permettre à l’animal de disposer d’un suivi médical. » Comme dans bien d’autres professions, les professionnels de la santé animale prennent aujourd’hui mille précautions. « Nous possédons des masques, des visières, des solutions hydroalcooliques », convient la vétérinaire. « Comme dans les hôpitaux, nous avons décalé les interventions non essentielles (stérilisation des animaux…). Et comme dans les hôpitaux, nous protégeons notre personnel non vétérinaire dont l’activité a été considérablement réduite. »

Lors de chaque intervention, les vétérinaires font toujours attention à tout. « On lave nos mains et nos surfaces, après le passage d’un animal ! Mais je n’ai pas peur d’être contaminée par un animal. Le risque de l’être est à peu près le même que celui que j’ai lorsque je vais faire des courses ou que je manipule des objets touchés par d’autres personnes. Les scientifiques sont formels : on n’a pas de contamination d’un humain par un animal. En revanche, les animaux peuvent être porteurs du virus si leurs propriétaires leur postillonnent dessus. Il faut donc éviter les contacts entre animaux et se laver les mains après les avoir caressés. »

 La colère gronde

Mais aujourd’hui, les vétérinaires sont quelque peu en colère. « Ils ont tout donné !», explique Jenny Hameurt. « Au moment où la crise a démarré, nous avons été sollicités pour remettre nos masques, nos blouses, nos gants et nos respirateurs. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien et un comble, nous n’arrivons plus à nous approvisionner ! Notre profession ne fait pas partie des professions qui ont le droit aux protections… « 

Désappointés, les vétérinaires ont apporté bien volontiers leur aide. « 5000 d’entre nous se sont proposés pour intégrer la réserve sanitaire. Notre bon vouloir est reconnu mais il n’y a pas de reconnaissance de notre profession nous ne sommes pas reconnus comme une profession de santé et, aujourd’hui je peux vous l’assurer, les vétérinaires s’en plaignent. Or, nous avons un rôle dans la santé humaine par la santé animale.  Heureusement, on se débrouille pour récupérer des protections, et heureusement, on ne prend pas de risques démesurés. Au contraire, nous prenons toutes les précautions d’usage et nous continuerons ainsi encore longtemps. »

Comment cela se passe à la campagne ? « Quand on va dans une ferme, on ne rencontre pas vingt personnes ! », explique la vétérinaire. « Si le professionnel maintient la distanciation sociale, le risque de contamination ne sera pas très élevé !  » Dans bien des cas, le vétérinaire de campagne aura besoin d’une présence humaine pour comprendre la souffrance d’un animal. « Une bête ne parle pas ! Son propriétaire pourra répondre aux questions et aux informations complémentaires demandées par nos professionnels. Pour certains actes, le vétérinaire aura aussi besoin d’aide. Il ne pourra pas tout faire tout seul. La maladie ne s’arrête pas dans nos campagnes. Il faut bien continuer l’activité. Rien ne nous est interdit. Il faut juste penser à vous protéger, à protéger votre équipe et les gens qui viennent vous voir. »

Phrase du jour : Imaginer un vétérinaire entrer avec des gants des blouses et des masques dans un élevage est totalement utopique car nous n’avons pas ce matériel-là !

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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