La délibération sur la convention d’objectifs de l’association Au bout du plongeoir a servi de caisse de résonance à une alerte bien plus large. Jeudi 5 février 2026, au conseil de Rennes Métropole, Arnaud Stephan, élu du groupe communiste et comédien lui-même, a dénoncé «un plan de licenciement massif qui ne dit pas son nom» dans le secteur culturel. Dans un vibrant plaidoyer, il est revenu longuement sur une étude menée en juillet par Spectacle vivant en Bretagne, en citant un chiffre qui selon lui fait froid dans le dos. « Nous comptons 43,7 % de dates de représentation en moins pour les compagnies bretonnes cette saison, soit une diminution de moitié de l’activité. C’est du jamais vu.»
En filigrane, l’élu a élargi le propos au contexte national. Il a évoqué le rejet au Sénat d’un statut des artistes-auteurs. Il a cité les Pays de la Loire comme un «laboratoire» d’une politique jugée «anticulturelle», accusée de retirer des subventions «comme si» l’argent public devait aller à « des choses moins futiles ». Dans notre pays, la culture serait selon lui renvoyée au mécénat. «On devra aller chercher l’argent dans les poches des plus riches, au risque de fragiliser l’emploi artistique et la création. »
En contrepoint, Arnaud Stephan a mis en avant des coopérations culturelles comme réponses concrètes à la crise. Il a cité «l’itinéraire d’artistes» porté par Au bout du plongeoir avec des partenaires à Nantes, Brest, Rouen et Le Mans, ainsi que « l’Opéra en réseau » entre Rennes et Angers-Nantes Opéra, permettant de «gagner entre six et huit semaines de temps de plateau». «Créer, c’est résister ; résister, c’est créer», a-t-il complété.
Rozenn Andro, vice-présidente métropolitaine chargée de la culture, a validé le diagnostic et assumé le choix politique. Elle a décrit un «monde artistique et culturel en situation d’alerte », citant «l’affaiblissement des soutiens à la création», le «recul des capacités de diffusion» et la «remise en question de la liberté de création». Elle a positionné la réponse locale comme un acte politique à part entière. «Nous devons assumer pleinement sa responsabilité pour défendre un service public de la culture « ambitieux, exigeant et accessible. Nous devons refuser que le secteur soit abandonné aux seules règles du marché.» La campagne des municipales est désormais lancée.
Crédit photo : compte twitter de l’élu.


