De nouveaux affrontements ont encore eu lieu dans la nuit de ce dimanche 2 juillet au lundi en France, presque une semaine après la mort du jeune Nahel, à Nanterre. La population était appelée à se rassembler devant les mairies, ce 3 juillet, à midi. À Rennes, premier édile de la ville de Rennes, Nathalie Appéré, a lu une allocution des maires de France, en présence d’élus de la majorité et de l’opposition et de députés. « Nous refusons que notre pays continue de sombrer dans le chaos », a-t-elle proclamé. « Nous nous interdisons de regarder passivement les mairies brûler, les magasins pillés, des domiciles d’élus attaqués, tous les Français victimes d’actes injustifiables de dégradations et de violences. »
Comme beaucoup, Nathalie Appéré en tire de nombreux engagements. « Les maires de France alertent depuis des années sur la détérioration de notre société. Il faudra en tirer le moment venu toutes les conclusions en termes de politiques publiques nationales. En attendant, nous enjoignons l’État, qui a la responsabilité du maintien de l’ordre et dont la vocation est de protéger la société, de rétablir la sécurité par tous les moyens opérationnels et en droit dont il dispose. »
Depuis la mort de Nahel, Nathalie Appéré partage l’émotion des Français. « Depuis cette date, partout sur le territoire national, nous faisons face à un cycle inouï de violences, que rien ne peut justifier et qui trahit cette légitime émotion en la transformant en une délinquance de droit commun. Malgré l’intervention des forces de l’ordre et des pompiers, des familles sont mises en danger et doivent être évacuées. Leurs biens personnels sont détruits. Des commerces et des entreprises voient leurs locaux pillés et incendiés. Des maires sont menacés, injuriés ou frappés. Les édifices communaux sont saccagés. Ces actes de violence d’une minorité sont inacceptables et pénalisent en premier lieu l’ensemble des habitants.»
Et de poursuivre : « Par la dégradation des bâtiments communaux, ils empêchent les services publics de fonctionner au service de la population. Par les destructions d’écoles et de bibliothèque, ils sabordent les outils d’accès à la connaissance, à l’éducation et à la culture, donc à l’égalité des chances. Par l’effet délétère des images et des réseaux, ils renforcent la stigmatisation des quartiers et des autres habitants. Par les violences contre les élus, ils attaquent le cœur de notre démocratie. Cette dérive des comportements n’a aucune issue et ne fera qu’aggraver les difficultés que leurs auteurs prétendent dénoncer. La brutalité n’est jamais une solution. »
À l’image des autres élus, Nathalie Appéré se dit attachée à l’unité et à la cohésion de notre pays. « Les maires de France appellent donc d’abord l’État à rétablir la République : c’est sa responsabilité pleine et entière. Il ne peut y avoir de justice sans ordre. Ils exhortent ensuite à une mobilisation civique de la société pour le respect de la République et de la France. Chacun doit y prendre sa part sans la responsabilité et le calme pour que le dialogue puisse reprendre. À nous, maires, il appartiendra de tirer lucidement les leçons de cette crise, d’en décortiquer les ressorts profonds, de retisser les liens brutalement rompus et inlassablement de construire la cohésion dont notre Nation a tant besoin. »