Deux buts en dix-sept minutes, un adversaire dépassé et des occasions pour plier l’affaire : le Stade Rennais avait tout pour vivre un dimanche tranquille à Angers. Il a finalement dû batailler jusqu’aux dernières secondes pour conserver son avantage (1-2). L’essentiel est là : avec sept points pris en trois journées, les Rouge et Noir restent invaincus. Mais ils auraient pu s’éviter quelques sueurs froides.
À force, cela pourrait presque devenir une habitude. Rennes prend les devants, donne l’impression de pouvoir assommer son adversaire et finit par lui laisser une chance de revenir. Après trois journées de championnat, Franck Haise peut se satisfaire du bilan comptable. Son équipe avance vite. Dans la maîtrise de ses rencontres, elle possède encore une belle marge de progression.
À Angers, dimanche 6 septembre, le scénario s’est dessiné très rapidement. Sous une chaleur pesante, les Rennais n’ont pas attendu pour imposer leur rythme. Estéban Lepaul, de retour sur une pelouse qu’il connaît bien, sollicite d’abord Anthony Lopes de la tête. Puis, à la 9e minute, Przemysław Frankowski se charge de débloquer la rencontre. Sebastian Szymański trouve son compatriote polonais au second poteau. Contrôle, frappe du gauche : le geste est aussi rapide que précis. Rennes est lancé dans le match.
Huit minutes plus tard, le SCO est déjà dans les cordes. Mousa Al-Tamari accélère et cherche Lepaul dans la surface. Jordan Lefort intervient, mais expédie le ballon dans son propre but. À 0-2 après seulement 17 minutes, tout semble sourire aux Bretons. Le ballon circule, les décalages sont trouvés et Angers souffre dès que les Rennais mettent de la vitesse.
Une pause fraîcheur qui refroidit Rennes
La chaleur oblige l’arbitre à interrompre momentanément les débats pour une pause fraîcheur. Elle fait davantage de bien aux Angevins qu’aux Rennais. Le SCO reprend ses esprits et les visiteurs perdent progressivement le fil. Les Bretons, jusque-là conquérants, commencent à reculer.
À la 35e minute, Angers en profite. Branco van den Boomen frappe un corner et Carlens Arcus domine Quentin Merlin dans les airs. Sa tête ne laisse aucune chance à Brice Samba. En quelques minutes, une rencontre qui paraissait presque pliée redevient indécise. Amine Sbaï manque ensuite de peu le cadre. Rennes termine beaucoup moins sereinement cette première période qu’il ne l’avait commencée.
Mousa Al-Tamari ne cache d’ailleurs pas ce relâchement à la pause. « Nous avons été les plus offensifs dans les premières vingt minutes, le 0-2 est logique, ça va dans le sens. On n’a pas d’excuse ensuite sur la réduction du score. On va devoir faire encore plus d’efforts pour gagner. »
Franck Haise fera le même constat après la rencontre. « La pause fraîcheur a changé la dynamique de la première période. Quand vous menez 2-0 à l’extérieur, il ne faut pas reculer, mais continuer à défendre en avançant. On a été en bonne difficulté sur le dernier quart d’heure. »
Le troisième but ne vient jamais
Après la pause, Rennes ne subit pas constamment. Loin de là. Mais il ne parvient jamais à transformer ses possibilités en ce troisième but qui aurait définitivement éteint Raymond-Kopa. Les espaces existent. Les situations de transition aussi. Ludovic Blas, Al-Tamari ou Mahdi Camara peuvent faire mal, mais il manque toujours un geste, une passe ou un peu de vitesse dans la décision. C’est tout le paradoxe de cette rencontre. Rennes paraît techniquement supérieur, possède suffisamment d’armes pour faire la différence, mais laisse le score en suspens. Plus les minutes passent, plus Angers peut croire à l’égalisation.
Franck Haise utilise alors son banc. À la 68e minute, Issa Soumaré et Mahamadou Nagida remplacent Al-Tamari et Merlin. Adrien Thomasson et Eliezer Mayenda prennent ensuite le relais de Szymański et Blas. Enfin, à la 89e minute, Boulaye Dia remplace Estéban Lepaul et effectue ses premières minutes sous ses nouvelles couleurs. Derrière, Anthony Rouault et Charlie Cresswell doivent répondre au jeu plus direct des Angevins. Rouault, titularisé pour cette rencontre, marque des points. Franck Haise apprécie sa prestation : « Il a été très solide, notamment dans le domaine aérien. Heureusement que l’on avait une charnière qui avait du répondant. »
Le principal intéressé résume parfaitement la seconde période rennaise : « On a eu beaucoup de situations en transition, que ce soit en première ou en seconde. On aurait aimé marquer le troisième but, on n’a pas réussi à le faire, donc eux ont poussé sur des longs ballons et des centres. C’est toujours dangereux mais on a tenu, on a été solides. C’est bien, on repart avec les trois points. »
Une barre et une dernière frayeur
À force de ne pas tuer la rencontre, Rennes finit logiquement par se faire peur. À deux minutes de la fin du temps réglementaire, Angers obtient un nouveau corner. Van den Boomen trouve Usman Simbakoli, dont la tête vient heurter la barre de Brice Samba. Le 2-2 n’est alors plus très loin. Dans le temps additionnel, une sortie approximative du gardien rennais provoque encore un moment de flottement dans la surface. Les défenseurs s’arrachent pour éloigner le ballon. Cette fois, Angers ne reviendra pas.
Au coup de sifflet final, le Stade Rennais peut savourer les trois points. Mais Franck Haise sait parfaitement pourquoi son équipe a dû attendre la dernière seconde pour être certaine de les ramener en Bretagne. « L’entame est de nouveau très bonne, très intéressante. En seconde mi-temps, on a fait des bonnes choses, on a maîtrisé. Mais ça ne fait pas tout, il faut ajouter ce soupçon de justesse. À la fin, l’équipe adverse en a mis un peu plus, on les a laissés centrer et obtenir des corners. Si on était parvenu à mettre le troisième, on aurait fait très mal à l’adversaire et avoir un score très différent. Une donnée essentielle du foot, c’est l’efficacité. »
Sept points sur neuf
Pour autant, pas question de bouder son plaisir. Rennes avance. Après le nul contre le PSG (2-2), puis la victoire contre Le Mans (3-2), le SRFC décroche à Angers son deuxième succès consécutif et son premier à l’extérieur. Avec sept points sur neuf possibles, le bilan est solide. « C’est bien de repartir d’ici avec trois nouveaux points. On progresse. Tout n’est pas parfait, mais on a réussi à tenir le score. C’est un bon signal », estime Franck Haise. Le technicien ne masque toutefois pas les progrès encore nécessaires : « Si on se met au niveau technique et d’agressivité, on se mettra moins en danger à l’avenir. Il y a encore plein de choses sur lesquelles on peut progresser, c’est une bonne chose. »
Anthony Rouault veut lui aussi regarder devant. « On sait que l’on a une très bonne équipe, c’est sur le terrain qu’il faut montrer les choses, agir avec les actes. » À Angers, les actes ont rapporté trois points. La manière, elle, raconte une équipe encore en construction : capable de faire très mal lorsqu’elle accélère, mais pas encore suffisamment impitoyable pour s’épargner des fins de rencontre à suspense.
Les compositions
Angers SCO : Anthony Lopes – Joseph Kalulu, Jordan Lefort, Ousmane Camara, Carlens Arcus (Raolisoa, 83e) – Branco van den Boomen, Yassine Belkhdim – Anthony Bermont (Diatta, 46e), Mohamed Amine Sbaï (Simbakoli, 83e), Jim Allevinah (Djibirin, 76e) – Amine El-Ouazzani (Peter, 76e). Entraîneur : Stéphane Gilli.
Stade Rennais FC : Brice Samba – Przemysław Frankowski, Anthony Rouault, Charlie Cresswell, Quentin Merlin (Nagida, 68e) – Valentin Rongier – Mousa Al-Tamari (Soumaré, 68e), Mahdi Camara, Sebastian Szymański (Thomasson, 77e), Ludovic Blas (Mayenda, 77e) – Estéban Lepaul (Dia, 89e). Entraîneur : Franck Haise.
Angers SCO – Stade Rennais : 1-2 (1-2). Buts : Arcus (35e) pour Angers ; Frankowski (9e) et Lefort (17e, c.s.c.) pour Rennes.




