Il n’est pas certain que les riverains du Boulevard Verdun aillent boire un tilleul-entre avec les élus de la ville au comptoir du bar la Bonne Excuse ! Car pour eux, il n’y a pas…d’excuse valable pour abattre leurs tilleuls. En quelques jours, leur pétition demandant l’abandon de l’abattage de leurs quatorze arbres a dépassé les 600 signatures sur le Net.
Au fil de leus commentaires, les habitants expriment une même inquiétude : voir disparaître l’un des rares îlots de fraîcheur d’un secteur très urbanisé, alors que les épisodes de canicule se multiplient. « Les arbres, c’est la vie ! », résume Paola. Comme elle, de nombreux signataires jugent incompréhensible la disparition d’arbres adultes qui offrent aujourd’hui de l’ombre et de la fraîcheur. Christine s’interroge sur « la cohérence face aux futures canicules », tandis que plusieurs internautes dénoncent le remplacement de jardins et de grands arbres par des immeubles toujours plus nombreux. D’autres pointent le paradoxe entre les appels à végétaliser la ville et un projet qui conduirait, selon eux, à supprimer des arbres déjà matures.
Les commentaires traduisent au passage un attachement profond à la nature en ville. « La verdure est plus belle que le goudron », écrit un habitant. Un autre appelle à développer davantage de jardins et de potagers urbains plutôt que de réduire les espaces végétalisés. « Les arbres font de nombreux envieux », estime encore un signataire. Face à cette mobilisation, Néotoa maintient son projet coûte que coûte. Le bailleur social prévoit la construction d’un immeuble regroupant des logements en accession à la propriété ainsi que des bureaux. Le chantier devrait débuter en 2027 pour une livraison en 2029.
Devant les critiques, l’organisme (comme la ville) avance toujours le même argument. Il assure respecter la charte de l’arbre de Rennes Métropole : 14 arbres seraient abattus mais 27 nouveaux seraient replantés. Il rappelle au passage que le projet répond à une demande croissante de logements dans une métropole qui continue de gagner des habitants chaque année. Pour les opposants, la question reste entière : de jeunes plantations pourront-elles remplacer, à court terme, les services rendus par des arbres adultes en matière d’ombre, de biodiversité et de rafraîchissement urbain ? C’est précisément ce débat qui alimente aujourd’hui la mobilisation.


