L’affaire débute en janvier 2020 lorsque la municipalité délivre un permis de construire valant permis de démolir pour un hôtel de 88 chambres au 12 quai Duguay-Trouin. Quelques mois plus tard, un permis modificatif fait évoluer le programme. Le nombre de chambres est ramené à 87, tandis que le restaurant et l’auditorium initialement prévus disparaissent au profit d’un commerce, d’un espace de séminaire ainsi que d’un spa et d’un hammam.
Très vite, le syndicat des copropriétaires du 4 place du Calvaire et plusieurs riverains (dont les Galeries Lafayette) contestent le projet. Ils dénoncent notamment son impact sur le paysage urbain, la hauteur du futur bâtiment, les nuisances générées et les conséquences sur leur cadre de vie. Le dossier connaît alors un long parcours judiciaire. Le tribunal administratif de Rennes rejette d’abord les recours en 2022. La cour administrative d’appel de Nantes annule ensuite partiellement les permis en 2023. Saisi par la Ville de Rennes et le promoteur, le Conseil d’État casse cette décision en juin 2025 et renvoie l’affaire devant la cour nantaise pour un nouvel examen.
Pour les riverains, la taille du futur hôtel constituait l’un des points les plus sensibles du dossier. Ils craignaient qu’un immeuble de cette ampleur ne s’impose dans le paysage du centre-ville historique. Mais les juges n’ont pas été convaincus par l’argumentaire. Selon eux, le bâtiment reste dans les proportions des constructions déjà présentes autour du site. Autrement dit, l’hôtel sera imposant, mais pas davantage que certains immeubles voisins déjà protégés au titre du patrimoine.
Le seul grief retenu par les magistrats nantais concerne les mobilités douces. Car le règlement urbain de la ville impose en effet la création de places de stationnement pour les deux-roues. Or le projet n’en prévoit aucune. Pour la cour, cette absence est contraire aux règles en vigueur, d’autant que le complexe hôtelier, ses espaces de séminaire, son commerce et ses équipements de bien-être représentent plus de 4 000 m² de surface de plancher et pourront recevoir jusqu’à 624 personnes, auxquelles s’ajouteront 18 salariés. Au passage, ils écartent l’argument selon lequel la proximité des transports en commun ou des stations de vélos en libre-service permettrait de s’affranchir de cette obligation réglementaire.
Au terme de cette nouvelle décision, le projet hôtelier apparaît donc largement conforté par les magistrats nantais. Après plusieurs années de contentieux, le principal obstacle juridique semble désormais levé. Il restera toutefois au promoteur à intégrer les stationnements vélos exigés par la réglementation avant de pouvoir tourner définitivement la page judiciaire. La Ville de Rennes et la SCI Rennes Duguay Trouin sont toutefois condamnées à verser chacune 750 euros aux requérants au titre des frais de justice.


