Le Conseil métropolitain de Rennes Métropole, réuni ce jeudi 21 mai, doit actualiser une règlement intérieur de l’institution. À cette occasion, Charles Compagnon, élu rennais et chef de file de Vivre Rennes, va déposer un amendement afin de supprimer l’obligation, pour constituer un groupe d’élus, de réunir des conseillers issus d’au moins deux communes différentes.
Pour les élus Vivre Rennes, cette disposition, inscrite depuis 2020 dans le règlement intérieur de Rennes Métropole, constitue une exception locale sans équivalent dans les grandes métropoles françaises. Nantes Métropole, la Métropole de Lyon ou encore Grenoble Alpes Métropole n’imposent, selon eux, aucune condition géographique pour former un groupe politique. « C’est une anomalie rennaise. Et j’ai informé Nathalie Appéré que ce n’était pas acceptable sur le plan démocratique », affirme Charles Compagnon.
Le 22 mars 2026, les élections municipales ont conduit neuf élus de la liste Vivre Rennes à siéger au Conseil métropolitain. Selon le mouvement, ces représentants incarnent la voix de 26 534 électeurs rennais, soit environ 15 % du corps électoral de l’ensemble de la métropole. Faute de pouvoir constituer un groupe autonome, ces élus dénoncent une représentation incomplète au sein de l’instance métropolitaine. Ils pointent notamment l’absence de collaborateur, l’impossibilité de s’exprimer dans les supports de communication métropolitains, un accès restreint à certains documents de travail ainsi qu’une absence de représentation dans plusieurs instances, notamment la commission des présidents de groupe.
« Les électeurs rennais ont des élus au Conseil métropolitain qui ne peuvent pas exercer pleinement leur mandat. Ces électeurs méritent d’être représentés, pas mis hors-jeu par un règlement intérieur taillé sur mesure pour centraliser le pouvoir et brider l’opposition. Ce n’est pas ainsi qu’une institution métropolitaine de premier plan doit être gouvernée », déclare Charles Compagnon. Pour cette raison, un courrier a été adressé à Nathalie Appéré, présidente de Rennes Métropole, afin de lui demander de soutenir cette modification du règlement intérieur. « Le vote du 21 mai est l’occasion de corriger une règle injustifiée. Nous appelons l’ensemble des conseillers métropolitains à soutenir cet amendement. C’est une question de confiance démocratique. », concluent Charles Compagnon et Carole Gandon.
Le jeudi 9 avril 2026, lors du conseil d’installation, 23 élus proches du centre et de la droite des communes limitrophes formaient un groupe pour faire entendre leurs voix. Maires et élus indépendants réunissaient treize communes (Bruz, Bécherel, Cesson-Sévigné, Chantepie, La Chapelle-des-Fougeretz, Miniac-sous-Bécherel, Nouvoitou, Orgères, Pacé, Romillé, Saint-Grégoire, Saint-Jacques-de-la-Lande et Vern-sur-Seiche). Ils représentaient 110 000 des 473 000 habitants de la Métropole. Pourtant proches de Charles Compagnon, ils voulait peut-être se démarquer de l’opposition rennaise, sans doute pour ne pas s’opposer frontalement à Nathalie Appéré et ne pas faire du conseil métropolition un conseil municipal bis de Rennes. Réponse de la présidente-maire, Nathalie Appéré, ce soir.


